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Adieu thon rouge : une nouvelle qui laisse un goût amer

18 mars 2010
Le commerce du thon rouge ne sera pas interdit. Pour les députés d’Europe écologie, cette décision honteuse signe la disparition d’une espèce menacée depuis des années par un élevage tout azimut et la pêche industrielle.
En janvier, la Commission européenne demandait l’inscription du thon rouge dans l’annexe I de la Convention internationale sur les espèces sauvages (Cites). Une bonne nouvelle pour les eurodéputés du groupe Verts/Ale au Parlement européen : c’était un premier pas vers une interdiction de la commercialisation à l’internationale de ce poisson victime de sur-pêche et la protection des emplois des pêcheurs pour qui la survie de l’espèce est vitale…

Mais voilà, il en a été décidé autrement ce jeudi 18 mars, à Doha, par les pays représentés à la conférence mondiale de la Cites. La proposition européenne a été ni plus ni moins rejetée par 72 voix contre 43 et 24 abstentions. Ceci sous la pression notamment du Japon, le plus grand consommateur de thon rouge.

Alertes à répétition

C’est le malheureux point final à la récente polémique qui a divisé l’Union européenne elle-même puisque une position commune n’avait pas été trouvée quant au délai dans lequel faire respecter cette interdiction. Maintenant ou dans 18 mois, cette espèce ne sera donc pas sauvée. « Il s’agit d’un vote contre la pérennité du vivant, s’offusquent Jean-Paul Besset et Sandrine Bélier, eurodéputés d’Europe écologie, c’est un mauvais jour pour les pêcheurs et la planète. »

Et pourtant, il n’y aura pas de pêche durable et d’emplois pérennes dans le secteur maritime sans reconstitution des stocks menacés de disparition. Selon Greenpeace, en 2004 et 2005, les prises de thon se sont élevées à 45 000 tonnes, alors que la limite légale était de 32 000 tonnes. Les associations environnementales ont donné l’alerte et on sait depuis 2006 que cette espèce est vouée à disparaître si rien n’est fait pour réguler sa pêche industrielle et l’extension anarchique de son élevage.

Prochain rendez-vous sur ce thème : la réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) qui réunira une cinquantaine de pays pêcheurs en novembre 2010. L’UE devra cette fois y parler d’une seule voix.

WWF dénoncait déjà en décembre 2008 la disparition programmée du thon rouge en organisant ses obsèques. A lire : Une funeste journée pour la biodiversité marine (photo: WWF)
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2 commentaires

  •  - 

    Bonjour,

    Cela peut-il avoir un impact de ne plus acheter de thon, éventuellement de lancer une proposition en ce sens à tous les écologistes européens ?

    Marie Agnès

  • Geronimo dit:
     - 

    Bien sur le Japon a fait pression, néanmoins c’est sur une manipulation de la réunion des CITES par la Libye qui a permis ce vote avant la fin des délibérations. D’autre part il est a signalé le nombre de thoniers français immatriculés en Lybie depuis un certain temps.

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