Politique commune de la pêche
« Une réforme cruciale pour l’avenir des stocks de poissons européens »
22 avril 2013 Environnement Agriculture et Pêche Pêche Biodiversité
Aujourd’hui, le Conseil des ministres de l’Union européenne se réunit une nouvelle fois pour négocier la réforme de la Politique commune de la pêche. Pour les eurodéputés qui ont voté une révision ambitieuse et plus durable de cet instrument en février dernier, les Etats-membres et la France ne doivent pas le dénaturer. Voici leur appel.

Le 5 février dernier, le Parlement européen a adopté à une large majorité (502 voix contre 137) une réforme réorientant la Politique commune de la pêche (PCP) dans le sens d’une pêche durable.

La Politique européenne de la pêche, telle qu’elle a été menée, est un échec. Ces dix dernières années, les prises de poissons ont diminué d’un quart, le nombre de stocks surexploités a augmenté tandis que les emplois de pêcheurs ont chuté d’un tiers. L’Union européenne importe désormais 65 % du poisson que nous consommons.

Les gouvernements nationaux aiment rejeter la faute sur « Bruxelles » dès qu’il y a un problème. Or, dans le cas présent, la destruction de nos mers est de leur responsabilité directe. Un bien commun – le poisson dans nos mers – et un métier - celui des pêcheurs et la filière qui va avec - sont en crise, au bord de l’effondrement parfois. Pourquoi ? Parce que les gouvernements nationaux, crispés sur leurs intérêts de court terme, ont ignoré pendant des décennies les avis scientifiques et ont encouragé la surpêche.

Cette année, pour la première fois dans l’histoire de la Politique commune de la pêche, les élus européens ont leur mot à dire sur la réforme de cette politique. Le traité de Lisbonne leur confère en effet un pouvoir de codécision avec les gouvernements européens.

Une grande majorité des députés européens, issus de tous les groupes politiques et originaires de tous les Etats membres, ont décidé de mettre fin aux pratiques et aux encouragements à la surpêche d’ici 2015, seule manière de garantir la reconstitution des stocks halieutiques à des niveaux durables d’ici 2020. Ils ont décidé aussi d’arrêter la pratique des rejets en mer de toutes les prises accessoires ou non commercialisables, et d’encourager les pêcheurs à développer une pêche plus sélective en évitant les captures non désirées.

Ils demandent en outre la mise en place d’un réseau d’aires marines protégées et que les quotas de pêche suivent les avis scientifiques, dans le cadre d’une mise en œuvre améliorée et d’un plus grand respect des règles par les Etats membres.

La majorité des gouvernements des 27 Etats-membres est beaucoup moins ambitieuse que le Parlement.

Le 27 février leurs ministres de la mer ont montré qu’ils souhaitaient conserver la pratique des rejets jusqu’en 2020 et ils se sont refusés à définir une date butoir pour la reconstruction des stocks. Ils prétendent vouloir mettre fin aux rejets, mais en réalité, ils ont créé des vides juridiques permettant aux pêcheurs de rejeter jusqu’à 7 % des captures totales.

Nous espérons que les gouvernements assoupliront leur position et ne dénatureront pas le contenu de la nouvelle Politique commune de la pêche. A cette fin, les députés européens ont entamé des négociations avec les ministres de la pêche.

Lundi 22 avril 2013 le Conseil de l’UE se réunira une nouvelle fois pour traiter de ces questions. Un nombre croissant d’Etats-membres réalise l’importance de cette réforme pour l’avenir des stocks de poissons européens, et ils ont exprimé leur soutien aux propositions du Parlement. Le ministre de la pêche français Frédéric Cuvillier peut faire basculer le vote. Monsieur le Ministre nous comptons sur vous.

Signatures au 12 avril 2013 :

Kriton ARSENIS (Greece, S&D)
Elena BĂSESCU (Romania, EPP)
Jean-Paul BESSET (France, Greens/EFA)
Michael CASHMAN (UK, S&D)
Vasilica Viorica DĂNCILĂ (Romania, S&D)
Chris DAVIES (UK, ALDE)
Bas EICKHOUT (Netherlands, Greens/EFA)
Lorenzo FONTANA (Italy, EFD)
Christofer FJELLNER (Sweden, EPP)
Gerben-Jan GERBRANDY (Netherlands, ALDE)
Mikael GUSTAFSSON (Sweden, GUE/NGL)
Catherine GRÈZE (France, Greens/EFA)
Rebecca HARMS (Germany, Greens/EFA)
Satu HASSI (Finland, Greens/EFA)
Yannick JADOT (France, Greens/EFA)
Eva JOLY (France, Greens/EFA)
Jean LAMBERT (UK, Greens/EFA)
Peter LIESE (Germany, EPP)
Isabella LÖVIN (Sweden, Greens/EFA)
Linda McAVAN (UK, S&D)
Gesine MEISSNER (Germany, ALDE)
Guido MILANA (Italy, S&D)
Radvilė MORKŪNAITĖ-MIKULĖNIENĖ (Lithuania, EPP)
Norbert NEUSER (Germany, S&D)
Jens NILSSON (Sweden, S&D)
Younous OMARJEE (France, GUE/NGL)
Sirpa PIETIKÄINEN (Finland, EPP)
Phil PRENDERGAST (Ireland, S&D)
Raül ROMEVA i RUEDA (Spain, Greens/EFA)
Anna ROSBACH (Denmark, ECR)
Birgit SCHNIEBER-JASTRAM (Germany, EPP)
Bart STAES (Belgium, Greens/EFA)
Rui TAVARES (Portugal, Greens/EFA)
Eleni THEOCHAROUS (Cyprus, EPP)
Nils TORVALDS (Finland, ALDE)
Claude TURMES (Luxembourg, Greens/EFA)
Ivo VAJGL (Slovenia, ALDE)
Renate WEBER (Romania, ALDE)
Sabine WILS (Germany, GUE/NGL)

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