Catherine Grèze : « Nous savons que la Fondation Bill Gates est très impliquée dans le secteur de la santé et de l’agriculture avec la grande ambition d’éradiquer les maladies et la faim. J’ai de nombreuses questions à vous poser concernant les investissements de votre Fondation. J’aurais pu reprendre les interrogations du Los Angeles Times concernant les investissements de votre Fondation dans les compagnies pétrolières comme Total ou dans l’industrie de l’armement, investissements dont je ne suis pas sûre qu’ils aillent toujours dans le sens du développement… Mais puisque je n’ai qu’une minute, je vais me concentrer sur la lutte contre la faim. En tant que partenaire de Monsanto, la fondation Gates introduit des OGM en Afrique. Or, malgré la campagne très agressive de Monsanto, la plupart des pays africains restent réticents aux semences OGM.
Ma question est très précise : est-il vrai qu’un des objectifs du centre de recherche au Kenya, financé par votre Fondation, est d’apporter des changements à la loi existante pour faire accepter les OGM ? Avec leur première « victoire » obtenue au Kenya, autorisant récemment la culture de coton OGM, nous avons la parfaite illustration de la puissance financière pour influencer la décision. Alors même que la plus grande inquiétude pour les agriculteurs des pays en voix de développement est de perdre le contrôle de leurs semences ! »
Réponse de Bill Gates : « Monsanto travaille actuellement à un projet de développement de variétés de maïs résistant à la sécheresse, sans royalties, et vu que tous les dirigeants africains entendent lutter contre la famine et la malnutrition, le moment était peut-être venu de s’ouvrir à de nouvelles solutions. Des semences nettement plus résistantes à la sécheresse permettront de sauver des milliers de vies. »