Evasion fiscale : Barrer l’accès des lobbyistes ayant refusé d’être auditionnés

15 septembre 2015
Les représentants des groupes politiques au sein de la Commission spéciale TAXE ont apporté leur soutien à la proposition de Sven GIEGOLD et Eva JOLY du groupe Verts/ALE demandant le retrait de l’autorisation d’accès au Parlement européen pour les lobbyistes des entreprises ayant refusé d’être auditionnées par la Commission spéciale dédiée à l’évitement fiscal (1).
 
Le président de la Commission Spéciale, Alain Lamassoure, s’est engagé à transmettre cette demande au Président du Parlement européen, Martin Schulz. Les parlementaires réclament également que ces entreprises soient retirées du registre de transparence commun de la Commission et du Parlement européens. Ces décisions interviennent trois jours avant l’audition du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Pour Sven GIEGOLD, membre Verts-ALE de la Commission TAXE:

« La Commission Spéciale est enfin sortie de sa léthargie. Les députés ont clairement fait savoir que les entreprises ne pouvaient pas s’exempter d’un contrôle démocratique. En accédant aux députés, leurs lobbyistes tentent d’influencer les législations européennes pour qu’elles répondent à leurs intérêts. Cela devrait désormais devenir plus difficile pour eux. Les parlementaires demandent également que les noms des entreprises soit supprimés du registre commun de la transparence afin de rendre plus difficile leur accès à l’ensemble des institutions européennes. Le Parlement européen semble avoir enfin compris qu’il devait se faire respecter. »

Pour Eva JOLY, Vice-présidente Verts-ALE de la Commission TAXE :

« Ce jeudi, le Parlement européen devra aussi se faire entendre des acteurs institutionnels en ce qui concerne l’optimisation fiscale agressive. Jean-Claude Juncker, frappé de plein fouet par les révélations du Luxleaks, devra faire la transparence sur le rôle qui fut le sien lorsqu’il était encore ministre des finances du Luxembourg sans se cacher derrière ses nouvelles fonctions. En tant que président de la Commission européenne, monsieur Juncker devra également veiller à ce que tous les documents nécessaires à la compréhension et à l’éradication du dumping fiscal dans l’UE soient bel et bien mis à la disposition de la Commission Spéciale. Des documents que Pierre Moscovici (2) et les gouvernements des États membres ont jusqu’ici refusé de transmettre aux parlementaires. En cas de refus persistant, le mandat de la Commission Spéciale devra être étendu ou remplacé au profit d’une Commission d’enquête parlementaire dotée de moyens coercitifs.  »

Jean-Claude Juncker et Pierre Moscovici seront auditionnés ce jeudi à 10 heures. Le débat sera retransmis en direct: Partager cet article

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