Daniel Cohn-Bendit : « Debout l’Europe ! »
3 octobre 2012 Union Européenne Institutions européennes
Le co-président du groupe des eurodéputés Verts/ALE veut révolutionner l’Europe. Son manifeste pour une révolution postnationale en Europe - écrit à quatre mains avec Guy Verhofstadt, ex-Premier ministre belge et président du groupe Alliance des démocrates et libéraux au Parlement, vient d’être publié simultanément en six langues. Interview à lire sur le Point.fr.

Le Point.fr : Pourquoi avoir choisi d’intituler votre ouvrage Debout l’Europe ? Vous considérez qu’elle est à terre...

Daniel Cohn-Bendit  : Les Européens sont couchés. Ceux qui défendent l’idée d’une souveraineté européenne par opposition à une souveraineté nationale se couchent. Ils ont peur de sortir du bois parce que l’Europe fait des erreurs, que les politiques européennes sont à critiquer, tandis que les solutions passent quand même par un renforcement de l’idée européenne. Et donc, nous, on dit debout ! Osons le débat ! Et ne laissons pas l’espace aux souverainistes de tout poil, de droite ou de gauche.

Vous avez l’air inquiet de l’atmosphère qui règne en Europe. Vous êtes aussi très alarmiste sur la Grèce. Que craignez-vous ?

Les gens sont désespérés. Et ils ont des raisons de l’être. L’histoire nous montre que, quand des sociétés sont désespérées, elles se retournent vers l’autoritarisme et vers le chef. C’est clair qu’en ce moment la substance démocratique de nos sociétés en prend un coup. Sur la Grèce, je fais toujours le parallèle avec l’Allemagne à la sortie de la Première Guerre mondiale. On a fait l’erreur de mettre ce pays à genoux et il en est remis au fascisme. Aujourd’hui, on est en train de mettre la Grèce à genoux. Devant la pauvreté qui gagne, j’ai peur qu’on arrive à une Grèce ingérable, avec au final le retour des colonels. On assiste à une montée de l’extrême droite nazie, violente, et on voit le moment où la société grecque pourrait chavirer vers une solution qui donnerait le pouvoir à l’armée. Il y a autre chose de très grave qui se passe en Europe. L’Europe s’est créée avec cette idée qu’aucun pays ne doit être hégémonique. C’est d’ailleurs pour ça que Mitterrand avait exigé l’euro avec la réunification allemande. Aujourd’hui, et même si ce n’est pas vrai, les gens ressentent une montée de l’hégémonie allemande, notamment du fait de sa santé économique. Ce sentiment détruit la cohérence de l’Europe. Si l’Allemagne devient hégémonique, c’est la fin du rêve européen.

Ça va donc mal en Europe...

Oui, car la crise est très dure et des centaines de milliers d’Européens en souffrent profondément. La question, c’est comment on en sort. Avec Guy Verhofstadt, nous décrivons dans notre livre une porte de sortie qui permet d’allier responsabilité budgétaire et responsabilité de solidarité, et qui mène in fine aux États-Unis d’Europe.

Et comment y arrive-t-on concrètement ?

Nous proposons qu’aux prochaines élections européennes on élise le président de la Commission européenne, alors qu’aujourd’hui il est choisi par les chefs d’État et de gouvernement. Après les élections européennes de 2014, on créera une constituante qui formulera une loi fondamentale européenne, suivie d’un référendum européen. Résultat ? Une refondation de l’Europe fédérale.

- « Debout l’Europe - manifeste pour une révolution postnationale en Europe », est paru ce lundi 1er octobre en France, en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne et en Espagne.

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