Daniel Cohn-Bendit face à François Hollande : « Le changement, c’est maintenant »

5 février 2013
A la veille d’un sommet européen déterminant sur l’avenir du budget européen, le Président français est venu débattre avec les parlementaires dans l’hémicycle du Parlement de Strasbourg. Cadre financier, crise économique, intégration européenne, guerre au Mali… Face à François Hollande, Daniel Cohn-Bendit a pris la parole au nom du groupe des eurodéputés écologistes. Compte-rendu.
Daniel Cohn-Bendit, coprésident du Groupe des Verts/ALE, s’est adressé en ces termes au chef de l’Etat français :

« François, je t’ai compris. Le changement c’est maintenant ! Alors allons-y tout droit. Chiche ! Banco ! Tu as parlé des valeurs européennes. Il faut avoir l’intelligence de dire que l’Europe – lorsqu’elle pactisait avec les dictateurs au sud de la Méditerranée – ne défendait pas ces valeurs universelles. Lorsque les peuples se sont révoltés pour les défendre, l’Europe alors les a soutenues. L’équilibre politique est difficile à trouver entre les valeurs partagées et nos intérêts, et cela peut générer des contradictions.


Daniel Cohn-Bendit face à François Hollande par EurodeputesEE

Concernant l’Europe de l’avenir, parlons du budget et du problème fondamental entre le Conseil et le Parlement européen ; soit la compréhension de la valeur ajoutée du budget européen. La bêtise serait de croire que, puisqu’il faut faire des économies au niveau national, il faut en faire à l’échelle européenne. Mais c’est exactement le contraire qui est vrai. Le B.a.-ba de l’histoire c’est que, parce qu’il y a récession dans les Etats-membres, il faut un budget capable de relancer. Où sont passés les 120 milliards ? Les citoyens européens ne voient pas de relance.

Face à la crise actuelle, les Etats-nations croient s’en sortir seuls. C’est faux ! Prenons le cas de l’industrie automobile ou de la sidérurgie européenne, ce n’est pas pays par pays que l’on va s’en sortir. C’est à l’ensemble des Etats-membres de venir avec des solutions. Il faut lancer le défi de la mobilité du redéploiement industriel en Europe, par exemple un EADS du tramway. Tu dis qu’il faut de la lucidité, de la détermination mais moi je dis aussi qu’il faut de l’imagination ! On ne construit pas le monde de demain avec les idées d’hier. Pour éviter de tourner en rond, il faut des idées neuves pour demain.

Et il ajoute :

« Tu as parlé de la Politique agricole commune. La PAC doit être au service de tous les agriculteurs européens. Elle ne doit pas seulement être au service d’une minorité de l’industrie agro-alimentaire. Lorsque 80 % des aides de la PAC sont distribuées à 20 % des agriculteurs, je n’appelle pas cela de la solidarité. Il faut plafonner et redistribuer les aides à 100 000 euros.

Sur le Mali, tu as raison, mais il faut dire la vérité et aller jusqu’au bout des choses. Il faut favoriser la réconciliation avec les Touaregs et entre maliens. Certains pays, pas tout à fait démocratiques, comme l’Algérie, n’ont pas joué leur rôle jusqu’au bout dans la lutte contre le terrorisme, au contraire, ils jouent avec le feu en s’attaquant au terrorisme et en les soutenant d’un autre côté. Il faut dire la vérité au niveau international. Ce n’est pas la France qui peut agir seule, c’est l’Europe, mais là c’est un autre conte de fées, pour nous épauler, il nous faudrait une représentante aux Affaires étrangères de l’UE digne de nom … ce qui n’est pas le cas pour l’instant. »

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2 commentaires

  • Stella dit:
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    Bravo!
    Aura-t-il compris??

  • kakadoundiaye dit:
     - 

    Encore une fois Dany parle et voit juste.
    Sur la Pac mais c est ce que nous disosns depuis 20 ans
    sur le Mali où sans barguigner il va à l’encontre du mesage mi chèvre mi chou de mamère qui sur l’international dit toujours n’importe quoi

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