Glyphosate : Pourquoi tant de précipitation de la Commission ?

17 mai 2017
Mardi 16 mai, la Commission européenne a décidé de relancer la procédure visant à autoriser pour 10 ans le glyphosate, substance active du RoundUp de Monsanto, l’herbicide le plus vendu au monde. Une décision qui fait réagir Michèle RIVASI.
 
Malgré la gronde citoyenne et l’opposition du Parlement européen, la Commission européenne entend s’assurer que le RoundUp puisse continuer à polluer nos champs, notre environnement et notre santé. Elle base sa décision sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2015, qui classait le glyphosate comme « non cancérigène ». Pourtant, en 2015 également, cette substance a été qualifiée de cancérigène probable par le CIRC, le centre international de recherche contre le cancer, organe de l’OMS, qui a publié l’intégralité des données dont il s’est servi pour fonder ses conclusions, contrairement à l’EFSA.

Pour Michèle RIVASI, « en plein scandale des Monsanto Papers, la Commission européenne tente de faire prolonger l’autorisation du glyphosate pour dix ans en Europe. Si elle voulait démontrer l’emprise que les intérêts de certaines multinationales ont sur elle, elle ne pourrait pas mieux s’y prendre. »

Les Monsanto Papers font référence aux documents de travail récemment rendus publics dans le cadre d’une action collective portée devant une cour fédérale de Californie par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome. Ces documents révèlent que Monsanto a caché au public un rapport, commandé par la firme elle-même, qui soulignait les potentiels mutagènes du glyphosate.

Il y a plus d’un an, nous demandions l’accès à ces 75 études secrètes censées justifier la décision de la Commission. L’EFSA ne nous a toujours pas transmis les données complètes, alors que la législation européenne l’exige. Il est grand temps d’obliger les agences chargées d’évaluer scientifiquement la dangerosité des substances qui peuplent notre quotidien à publier systématiquement leurs études. C’est pourquoi Michèle RIVASI demande l’ouverture d’une commission d’enquête au sujet des Monsanto Papers.

Enfin, nous regrettons qu’à l’heure où une Initiative Citoyenne Européenne demandant l’interdiction du glyphosate a été enregistrée par la Commission, cette dernière envoie ce signal aux quelques 750 000 Européen-ne-s qui l’ont déjà signée. Michèle RIVASI met en garde : « cette décision ressemble dangereusement à un déni démocratique. »

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Un commentaire

  • Leporcq dit:
     - 

    Les vendeurs de poison , ont séduit des parlementaires corrompus .Qui ne pense pas a leurs enfants , petits enfants et les citoyens européens .Que pour l’argents empoisonné des méfaits des lobbyistes , je suis écœuré.

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