Implants : la sécurité des patients passe après les intérêts industriels

22 octobre 2013
Le Parlement européen vient d’adopter un rapport sur les dispositifs médicaux. Pour Michèle Rivasi, eurodéputée EELV, la législation reste insuffisante et ne garantira pas la sûreté et l’efficacité des implants. Le scandale des implants mammaires PIP n’a pas suffi pour marquer les esprits des parlementaires et les encourager à prendre en compte au maximum la sécurité des patients. Communiqué de presse.
Pour Michèle Rivasi, eurodéputée EELV, membre de la commission Environnement et santé publique, rapporteur sur ce dossier :

« Je regrette que le système d’autorisation avant mise sur le marché proposé par le groupe des Verts/ALE n’ait pas été retenu par la Commission dans sa proposition législative et n’ait pas trouvé une majorité favorable au sein du Parlement. Une majorité d’eurodéputés a malheureusement choisi de réduire drastiquement le nombre d’experts indépendants chargés de ce contrôle. Le compromis final – qui prévoit des organismes notifiés spéciaux pour les dispositifs à risque et un contrôle renforcé de leur travail par les autorités – est pour nous le minimum acceptable.

Les intérêts économiques sont donc aujourd’hui clairement passés devant la sécurité des patients. C’est une fois de plus le lobbying intense des industriels qui a permis d’affaiblir ainsi les mécanismes de contrôle. Les conservateurs de leurs côtés ont invoqué la perte d’innovation et de compétitivité de nos petites et moyennes entreprises. »

– Points positifs : concernant la réutilisation des dispositifs médicaux, le groupe des eurodéputés Verts/ALE proposait la création d’une liste pour les dispositifs à usage unique, l’application de normes de décontamination renforcée pour les dispositifs non présents sur cette liste et une responsabilité accrue des professionnels chargés de décontaminer. Une proposition soutenue par le vote d’aujourd’hui.

– Enfin, concernant les substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques qui sont aujourd’hui interdites dans les cosmétiques et les jouets : les écologistes souhaitaient voir cette restriction élargie aux perturbateurs endocriniens et aux dispositifs médicaux avec exposition directe. Ils ont eu gain de cause.

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2 commentaires

  • Annie MESNIL dit:
     - 

    Merci Madame RIVASI, je suis de votre avis.

    J’ai lu le communiqué de presse d’hier et visionné votre intervention…
    Rien de transcendant ne sort de ce communiqué… des propositions, des recommandations, mais toujours pas de DECISION.
    On en est resté à « voter en faveur de l’ouverture de négociations… » donc, RIEN mis encore en place !!!
    Et en effet, une fois de plus, ce sont les considérations financières qui prennent le pas sur la santé des patients. Donc, il n’y aura AUCUNE garantie quant à la sécurité des DM et les scandales sanitaires du genre de celui des implants PIP vont immanquablement se reproduire.

    Ce Parlement Européen est le sommet de la pyramide de l’Administration avec un grand « A », toutes les LENTEURS qui vont avec et les « petits arrangements entre amis industriels » qui pourrissent la vie des citoyens !

    Tout ça est LAMENTABLE et bien dans l’air du temps malheureusement !

    Annie MESNIL, secrétaire de l’Association PPP (oui, les porteuses d’implants PIP) que vous avez rencontrée à Marseille en avril dernier.

  •  - 

    C’est tout simplement scandaleux … Près de 4 ans et RIEN n’a changé !

    Pourtant, un dispositif médical implantable ne s’arrête pas comme un médicament, il faut une intervention chirurgicale … voire plusieurs pour réparer les dégâts dans le cas des prothèses frauduleuses PIP.

    Quand les politiques prendront-ils réellement conscience de leurs responsabilités lorsqu’ils votent des textes ?

    Je considère qu’ils ont leur part de responsabilités dans les scandales sanitaires, ils votent des lois qui ne nous garantissent aucune sécurité, malgré les lacunes pointées dans ce scandale sanitaire mondial sans précédent

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