L’UE doit très vite revoir ses objectifs pour le climat

15 mars 2010
Les élus écologistes au Parlement européen espèrent que la Commission européenne fera dès maintenant de plus grands efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique en augmentant de 10 % l’objectif européen de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le 9 mars dernier, la commissaire à l’action climatique, Connie Hedegaard, présentait devant le Parlement européen ses propositions pour revigorer les négociations de l’ONU sur le climat après l’échec du Sommet de Copenhague. De bonnes intentions… teintées de fatalisme : « Elle n’espère pas obtenir d’accord contraignant avant fin 2011. Elle semble également capituler sur l’objectif européen de réduction des émissions de 30 % en 2020. Et se résigne, encore, quand elle ne dit rien sur les tricheries de certains pays européens, la France en tête, qui n’apportent pas le soutien financier promis aux pays en développement », énumère le député Europe écologie Yannick Jadot.

Une étude indépendante

Comment fixer la barre plus haut et montrer plus d’ambition dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Les 55 eurodéputés du groupe Verts/Ale au Parlement européen montent au front en publiant une étude du centre de recherche indépendant hollandais CE Delft. Elle démontre que l’Union européenne a les moyens d’aller au-delà de l’objectif actuel (une réduction de 20 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990).

C’est justement l’opportunité de porter cette réduction à 30 % (à la condition que « les autres grands émetteurs de carbone acceptent ‘d’assumer une juste part de l’effort collectif’ ») dont débattent les ministres de l’environnement des 27 Etats-membres réunis en Conseil ce 15 mars 2010.

Mauvais élève

Pour Yannick Jadot, pas la peine de tergiverser : « Il y a d’ores et déjà une profusion de raisons existantes pour augmenter dès maintenant l’objectif européen à 30 %, explique-t-il. Si ce n’est pas fait, l’UE sera en retard par rapport à certains de ses partenaires dans les négociations internationales, mais elle pourrait également mettre en danger ses politiques climatiques et manquer de nombreuses opportunités économiques. »

L’étude hollandaise note en effet que de nombreux pays ont promis de faire des efforts de réductions d’émissions plus ambitieux que l’UE : c’est le cas notamment de l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Norvège, la Suisse mais aussi la plupart des grands pays émergents. Les Etats-membres de l’UE risquent ainsi de rejoindre le camp des moins engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique… aux côtés des Etats-Unis, de la Russie ou du Canada.

A lire : l’étude de CE Delft (en anglais uniquement) – pourquoi l’UE peut et devrait augmenter ses objectifs de réductions de gaz à effet de serre.
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