« Frontex est une agence qui ne connait pas la crise », lance Hélène Flautre. Avec un budget en hausse constante depuis sa création (de 6 à 88 millions d’euros entre 2005 et 2011), l’agence en charge de la surveillance des frontières extérieures de l’Union a une force de frappe considérable. Son efficacité et son rôle ont été largement débattus lors des négociations sur la révision de ses règles de fonctionnement. « Depuis sa création, Frontex a grandi à l’abri des questions gênantes quant à sa responsabilité dans les graves manquements aux droits fondamentaux mis à jour par nombre de rapports d’ONG », dénonce Hélène Flautre.
La résolution adoptée par une majorité de parlementaires ce mardi 13 septembre 2011 n’y changera rien : « Aucune procédure suffisamment fiable n’a été actée pour adresser les violations du droit des personnes. Sans un mécanisme effectif et indépendant, nous ne pouvons pas, à l’heure qu’il est, être assurés que les activités de l’agence Frontex respecteront la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, explique l’eurodéputée EELV. Nous devons rester vigilants sur les activités de l’agence dans le cadre de son nouveau mandat, en exigeant qu’elle rende des comptes. »
A commencer par l’opération Hermès sur laquelle Frontex doit faire toute la transparence : lancée en Méditerranée, en février 2011, cette initiative des Etats-membres était destinée à venir en aide aux autorités italiennes face à un afflux de réfugiés tunisiens sur l’île de Lampedusa. Plus de 2000 d’entre eux ont péri au cours de leur traversée... qu’ont fait les agents de Frontex pour éviter ce drame ? Les réponses tardent à arriver.