Si les eurodéputés votent contre l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les pays du Sud, seront-ils également capables de s’y opposer officiellement en Europe ? La question se pose depuis l’adoption, ce jeudi 2 février, du rapport Neuser sur la coopération au développement de l’Union européenne et les objectifs fixés en matière d’accès universel à l’énergie dans le monde d’ici 2030.
Ce texte met l’accent sur les énergies renouvelables, la réduction de la dépendance envers les combustibles fossiles, ainsi que sur une stratégie énergétique décentralisée pour assurer l’accès de l’énergie aux zones rurales. Il exhorte également la Commission et les Etats-membres à ne pas financer ou encourager l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les pays en développement ! Le paragraphe qui contient cette demande n’a pas été annulé... malgré le lobbying d’une droite européenne très pro-nucléaire au sein de la commission parlementaire Développement.
Pour Catherine Grèze qui est la coordinatrice des Verts/ALE au sein de cette commission, ce rapport permet également de pointer du doigt les déséquilibres qui existent trop souvent en matière d’investissements énergétiques. « Les infrastructures à grande échelle, soit-disant renouvelables, comme le Barrage de Belo Monte, ne doivent pas être soutenus par l’UE, estime-t-elle. Nous devons garder à l’esprit que ces projets peuvent avoir des impacts sociaux et environnementaux insoutenables. Ils n’augmentent pas l’accès à l’énergie dans les pays pauvres pour lesquelles des sources d’énergie locale à plus petite échelle sont particulièrement bénéfiques. »