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Les "Gender studies" en France, ca avance.
À quand les études postcoloniales ?
15 June 2010 par Malika Benarab-Attou
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La question du genre, relative à la différenciation et à la hiérarchisation des sexes fondées sur l’excuse du sexe biologique, fait depuis peu l’objet de débats dans les universités françaises.

Le 21 mai dernier, l’Université Lyon II et l’IUFR lyonnais ont accueilli la très renommée Judith Butler, figure importante des Gender studies, professeur et titulaire de la chaire Maxine Elliot dans les départements de Rhétorique et de Littérature comparée à l’université de Californie à Berkeley . J’ai assisté avec beaucoup d’intérêt à ces rencontres. À Sciences-Po Paris, le Directeur Richard Descoings a récemment annoncé la mise en place d’un programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre, dont les cours devront être suivis obligatoirement par tous les étudiants.

On peut saluer ces initiatives visant à développer en France les lieux de débat et de réflexion sur le genre qui, on peut le rappeler, existent depuis des décennies dans les pays anglo-saxons. En effet, ces structures pourraient permettre de mettre en question les présuppositions fondamentales du féminisme occidental en incitant les étudiants à débattre sur la question des femmes, et plus précisément sur la question du genre sexuel et de la sexualité.

Ce débat contribuerait à faire progresser le combat contre les inégalités liées au sexe et à favoriser la réflexion sur l’emploi des femmes et les politiques sociales et familiales. Inciter les étudiants à réfléchir à ce que ces questions peuvent avoir comme impact social, culturel, politique et économique est donc crucial et l’on peut espérer que les initiatives lancées par ces établissements d’enseignement supérieur porteront leurs fruits.

Suivre l’exemple anglo-saxon pourrait d’ailleurs amener bien d’autres réflexions constructives : à quand le développement, en France, des études postcoloniales, aujourd’hui absentes en tant que telles ? Il existe déjà des équipes universitaires qui travaillent sur les relations interethniques ou interculturelles mais les équipes spécialisées sur les questions postcoloniales ont du mal à émerger. Pourtant, les débats actuels houleux autour du film de Rachid Bouchareb à Cannes, ou sur l’immigration maghrébine ou africaine plus largement, sont bien le symptôme du refoulé de la question coloniale.

Mettons donc un terme à cette rumeur selon laquelle ce qui se réalise outre-Atlantique ne trouve toujours écho en Europe que bien des décennies plus tard.


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