Si la révolution a fait tomber le dictateur Ben Ali, elle n’a pas permis de réduire la pauvreté dont souffrent les Tunisiens. Dans le Sud du pays, la guerre libyenne de l’autre côté de la frontière n’a fait que dégrader des conditions de vie très difficiles. C’est du Sud, justement, dont sont originaires l’immense majorité des 25 000 Tunisiens débarqués en Europe depuis le 14 janvier 2011. Environ 200 d’entre eux ont déjà péri au cours de la traversée... combien de morts faudra-t-il pour que l’Union européenne se décide à leur venir en aide ?
Les députés européens écologistes réclament, une fois de plus, que la directive qui prévoit une protection temporaire « en cas d’afflux massif de personnes déplacées » soit utilisée au plus vite : « L’Union européenne dispose des outils pour faire face à cette situation, observe Hélène Flautre. Elle doit tout mettre en œuvre pour être solidaire du mouvement démocrate qui se soulève dans le pays. Accompagner la transition démocratique de cet Etat, c’est aussi permettre aux jeunes venus ici de souffler, d’avoir des permis de séjour temporaires et de trouver un travail pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles restées au pays. » « Vous avez fait ce voyage car vous n’aviez pas d’autres choix, poursuit José Bové. L’UE doit activer ce dispositif exceptionnel pour vous accueillir, et reconnaître votre existence. »
L’arrivée des migrants tunisiens a provoqué une crise en Europe. Plusieurs pays étaient même prêts à remettre en cause le principe fondateur de la libre circulation des personnes au sein de l’espace Schengen. Pour les écologistes, cette crise, et les révolutions qui ont lieu dans le monde arabe, doivent au contraire être le point de départ de nouvelles relations entre les pays européens et les pays de la Méditerranée. Nous devons concevoir une nouvelle politique de circulation entre les deux rives et établir des rapports justes et équilibrés sur le plan économique.
Témoignages de jeunes Tunisiens au Parlement européen :
Voir le site de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
Lire la lettre ouverte : il faut activer la protection temporaire des migrants tunisiens