Migrations : vers une meilleure coopération entre l’Europe et les pays de la Méditerranée
5 décembre 2012 Migrations Affaires étrangères Droits et libertés International
Mercredi 14 novembre 2012, Hélène Flautre recevait Houcine Jaziri, le Secrétaire d’Etat tunisien aux migrations et aux Tunisiens de l’étranger, lors d’une conférence du groupe des Verts au Parlement européen. Suite à la révolution de Jasmin, le nouveau gouvernement tunisien est entrain de définir sa politique migratoire. Alors que des milliers de personnes risquent leur vie pour traverser illégalement la Méditerranée, le représentant tunisien espère construire des passerelles légales pour ses concitoyens. Rencontre.

En 2011, près de 2000 personnes sont mortes dans la Méditerranée en tentant de joindre les côtes européennes. Une responsabilité difficile à assumer pour les institutions de l’UE. Pour Houcine Jaziri, le Secrétaire d’Etat tunisien aux migrations et aux Tunisiens de l’étranger, seule une politique de migration légale, d’accompagnement des projets migratoires dans des conditions sécurisantes et dignes pour les migrants, permettra de lutter contre l’immigration irrégulière. Venu expliquer les efforts réalisés par la Tunisie au Parlement européen, Houcine Jaziri a par exemple dessiné les contours d’un visa pour recherche d’emplois qui pourrait être mise en place avec la Tunisie, de manière expérimentale. Une idée que soutient le groupe des eurodéputés Verts/ALE. Pour Hélène Flautre, il est fondamental que l’Union européenne prenne en considération le point de vue des pays de la Méditerranée dans l’élaboration de sa future politique migratoire.

Hélène Flautre : Comment la Tunisie envisage-t-elle une collaboration avec l’Union européenne sur les questions migratoires ?

Houcine Jaziri : Nous sommes à la recherche de cette politique migratoire qui ferait de nous un partenaire des Etats-membres de l’Union européenne. Nous mettons en place des institutions, des lois pour les réfugiés, en respect du droit international. Mais nous ne voyons pas d’encouragements de la part de l’Union européenne, au sens budgétaire par exemple.

Il faut pourtant mettre en place une politique migratoire légale pour éviter les catastrophes humaines provoquées par l’immigration clandestine.

Bien sûr. Plutôt que de venir de manière irrégulière et au péril de leur vie, les Tunisiens devraient pouvoir faire autrement. Il faut ouvrir quelques brèches, de manière contrôlée, pour que tout le monde se sentent en sécurité. C’est aujourd’hui facile pour les Européens de venir en Tunisie, mais l’inverse n’est pas vrai : nous demandons donc simplement la mise en place d’une politique de visa officielle dans chaque Etat-membre. On ne peut pas lutter contre une migration irrégulière sans une migration régulière. Il faut trouver une manière d’échanger la main d’oeuvre selon les besoins, pour que les gens ne recherchent pas des moyens illégaux.

Pour les Verts/ALE, il est important que l’Europe ne se referme pas sur elle-même... et qu’elle encourage la démocratie et le partage des cultures.

Oui, mais c’est vrai aussi que la crise économique ne nous aide pas. L’Europe se sent saturée. Mais nous, Tunisiens, nous subissons aussi cette récession. Nous ne voulons pas être encombrants et nous ne voulons pas que l’Europe nous voit comme un danger à cause de l’immigration. Cette peur n’est pas bonne pour les Tunisiens, mais elle n’est pas bonne non plus pour l’Europe ! Aujourd’hui, la Tunisie a fait sa révolution. Elle fait pleinement partie de la Méditerranée. 10 % des Tunisiens vivent en Europe ! Comme disait Hassan 2, « les trains européens devraient passer par le Maghreb », un passage multi-culturel et économique essentiel.


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