Roms: un nouveau rapport alarmant du Conseil de l’Europe

4 juin 2012
Le 23 mai, le PNUD et l’Agence européenne des Droits Fondamentaux présente un rapport fruit d’une enquête dans 11 Etats-membres. Conclusion : les Roms continuent à faire l’objet de discriminations et d’exclusion sociale dans l’ensemble de l’UE.
Voici quelques résultats frappants: seuls 15 % des jeunes adultes Roms interrogés ont achevé des études de second cycle contre 73 % parmi les non-Roms. Moins de 33 % des Roms interrogés ont un emploi rémunéré. Environ 45 % des Roms interrogés vivent dans des logements dépourvus d’un des éléments suivants : cuisine intérieure, toilettes, douche, baignoire ou électricité. En moyenne, 40 % des Roms interrogés vivent dans un ménage dont l’un des membres, au moins une fois au cours du mois écoulé, s’est couché en ayant faim.

Une semaine après, la Commission des migrations de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe adopte un rapport, tout aussi alarmant, intitulé « La situation des Roms en Europe: circulation et migrations ».

A l’heure où la Commission vient de rendre son évaluation des stratégies nationales, le rapport du Conseil de l’Europe vient à point nommé rappeler quelques vérités et le travail qu’il reste à accomplir. Point de départ: battre en brèche les idées reçues sur les Roms. A l’image des vidéos réalisées sur les migrations (http://europeecologie.eu/Migrer-Bouger-pour-une-politique), il est indispensable de revenir sur les préjugés qui empêchent un dialogue serein et informé sur la question des Roms. Par exemple, rappelons qu’en Europe, moins de 20 % des Roms sont nomades. La plupart d’entre eux ont la nationalité du pays dans lequel ils vivent.

Subissant une discrimination multiple, les Roms sont confrontés à toute une série d’obstacles dans leur accès à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi et au logement, ce qui renforce dans un cercle vicieux leur exclusion. Le rapport procède également à un examen des politiques récentes d’expulsion dans les Etats membres et rappelle que le Comité européen des droits sociaux a conclu, à plusieurs reprises, à une violation des dispositions de la Charte sociale européenne en invoquant des expulsions collectives. La France et son « programme d’expulsion » en marche depuis l’été 2010 sont bien entendu visés.

L’Union européenne doit s’engager pleinement pour tourner cette page. Le gouvernement français doit montrer l’exemple en choisissant notamment de lever les obstacles dans l’accès au marché du travail pour les ressortissants roumains et bulgares. Ce serait un premier signal positif pour une population dont les droits sont bafoués depuis trop longtemps.

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