Scandale Volkswagen : les Verts européens demandent une Commission d’enquête parlementaire

Suite au scandale Volkswagen, le Parlement européen adoptera mardi prochain sa position sur les « Mesures d’émissions dans le secteur automobile ». Le groupe Verts/ALE a déposé une résolution (1) qui demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour évaluer les responsabilités de la Commission européenne et des États-membres, informés des résultats de l’enquête menée par l’ONG ICCT et alertés dans le même temps que l’agence environnementale américaine.
Si les écologistes européens insistent sur une enquête d’envergure européenne et un renforcement des contrôles et de la transparence des tests, ils n’oublient pas que ce scandale révèle surtout ce qu’ils répètent depuis toujours: le diesel propre n’existe pas.

Pour Karima Delli, membre de la Commission transports et Pascal Durand, membre de la Commission marché intérieur et co-auteurs de la résolution :

« Une commission d’enquête parlementaire est indispensable afin d’évaluer l’ampleur de cette fraude, d’en faire porter le coût aux responsables et de définir les éventuelles complicité . Sans cela, l’amélioration des normes d’émissions de polluants et des conditions de tests resteront lettre morte, alors que c’est avant tout la santé de l’ensemble des citoyennes et citoyens qui est en jeu.

Nous ne pouvons tolérer que certaines entreprises, avec la complicité des autorités nationales, fraudent à grande échelle au détriment de la santé des citoyens, de leurs droits en tant que consommateurs ou employés et in fine de leur argent via le régime de taxation préférentiel et les subsides. Certains États-membres n’hésitent pas d’ailleurs à faire prévaloir les intérêts de leurs constructeurs nationaux sur la santé de leurs citoyens, en suggérant cette semaine un assouplissement des normes d’émission à la Commission européenne.

Au-delà des conflits d’intérêts, de la gravité de la fraude et des responsabilité à établir, il ne faut oublier que les consommateurs européens ont été abusés sur un point: le diesel propre n’existe pas. Au lendemain de l’accident nucléaire de Fukushima, Angela Merkel, à la tête de la plus grande économie européenne avait fait le choix responsable de sortie définitive du nucléaire. Un tel acte de lucidité est aujourd’hui nécessaire pour enfin renoncer au diesel cancérigène (2).

Ce scandale est finalement un test grandeur nature pour voir si les pouvoirs publics se poseront en garants indépendants de l’intérêt général ou au contraire des intérêts privés de certains acteurs économiques qui n’auraient de comptes à rendre à personne. »

(1) Résolution Verts-ALE

(2) Étude de 2012 de l’OMS sur le caractère cancérigène du Diesel:
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=28366#.VijaTE3ouUl

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