Fraîchement élue députée européenne, j’ai l’honneur d’avoir été élue à la Présidence de la Commission parlementaire du Développement, commission responsable notamment de la promotion, de la mise en œuvre et du contrôle de la politique du développement et de la coopération de l’Union européenne.
Alors que 50 ans de politique dans ce domaine n’ont incontestablement pas permis de résultats concrets, je veux m’appuyer sur mon expérience de Conseillère du gouvernement norvégien pour engager une profonde réflexion sur cette politique européenne ainsi que sur les mécanismes à mettre en œuvre pour aboutir à un véritable développement des pays du Sud.
Il y a urgence à mener ce débat. En effet, si la triple crise actuelle n’épargne pas nos concitoyens européens, elle touche de plein fouet les populations des pays en développement (PED). D’ores et déjà premières victimes des effets du changement climatique, elles le sont désormais de la crise économique et financière qui entraîne des coupes substantielles de fonds de la part des pays développés au moment où ces derniers s’avèreraient pourtant vitaux.
Réformer la politique de développement, convaincre les gouvernements européens de maintenir voire d’augmenter la part de leur PIB destinée aux PED, trouver de nouvelles sources de financement, et surtout, mettre un terme à ces fameux paradis fiscaux qui privent les Etats de sommes considérables, telles sont les priorités qui sont les miennes pour cette législature qui s’annonce passionnante.
En plus de la présidence de la Commission Développement, je suis également membre de la Commission en charge des affaires économiques. Plus liés qu’il n’y paraît, ces deux domaines sont fondamentaux si l’on veut transformer les modes de fonctionnement de nos sociétés.
De manière complémentaire avec les actions que je mènerai au sein de ma principale Commission, je vais m’attacher à y suivre l’élaboration d’un texte relatif aux questions de "taxation" et aux paradis fiscaux. Il s’agira de porter au sein du Parlement européen les mesures que nous proposons depuis plusieurs mois déjà (notamment à Nîmes, pendant nos journées d’été).
Il faudra aussi être vigilant sur tout ce qui a trait aux organismes financiers. La proposition de la Commission européenne relative aux gestionnaires de fonds spéculatifs, considérablement en-deçà des enjeux en l’état, est ainsi la première de la législature à porter sur ces problématiques. Ce sera à n’en pas douter l’un des débats les plus animés de ces prochains mois.
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