Immunité parlementaire de Marine Le Pen : « En politique on assume ses propos »

2 juillet 2013
La justice française a demandé au Parlement européen en novembre 2012, l’autorisation de lever l’immunité parlementaire de Marine Le Pen poursuivie par le parquet de Lyon suite à ses propos tenus en décembre 2010 établissant un parallèle entre les prières de rue des musulmans et l’occupation allemande.
Si les propos de Marine Le Pen sur le fond sont tout à fait inadmissibles et incompatibles avec la devise de l’Union européenne, « Unis dans la diversité », et l’attachement de l’Union européenne à la liberté de culte, il ne nous appartient pas de juger l’affaire. Rappelons d’ailleurs que la Commission des affaires juridiques du Parlement européen s’est déjà prononcée au mois de juin pour la levée de l’immunité de Mme Le Pen. Car, s’il est vrai que les eurodéputés « ne peuvent être recherchés, détenus ou poursuivis en raison des opinions ou votes émis par eux dans l’exercice de leurs fonctions »[1], Mme Le Pen n’a pas tenu ce discours dans l’exercice de ses fonctions d’eurodéputée, mais lors de la campagne pour la Présidence du Front National en 2010 : elle n’a donc en aucun cas droit à l’immunité parlementaire.

S’il s’agit donc d’une procédure ordinaire consistant à faciliter le travail de la justice, nous aimerions surtout dénoncer le poids politique de cette affaire. Mme Le Pen attaque l’Europe en permanence, et nous rappelle sans cesse que l’Union européenne est le problème, et non pas la solution. Aujourd’hui pourtant, l’Union européenne semble être son alliée et devrait la protéger pour ne pas être jugée en France. Sacré paradoxe politique !

Mme Le Pen refuse d’assumer ses propos. En politique pourtant, il faut avoir le courage d’assumer ses actes et ses paroles. Même en tant que citoyen, nul ne peut se protéger derrière son statut pour des actes ou des paroles. Mme Le Pen, vous auriez dû demander de vous-même la levée de votre immunité.

C’est pour cette raison que nous avons voté ici très clairement pour la levée de l’immunité parlementaire; ce n’est pas aux institutions européennes de protéger les députés européens, Mme Le Pen doit aller jusqu’au bout de sa réflexion et doit accepter d’aller devant les tribunaux.

Mme Le Pen manipule le Parlement européen car elle savait pertinemment que son immunité serait levée. Elle peut maintenant crier au complot, comme d’habitude. Ne soyons pas dupes de cette instrumentalisation.

Les Verts ont toujours assumé leurs actes ; quand on prend la parole et que l’on agit, on le fait de manière claire et transparente, sans vouloir se protéger.

[1] http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/12004V/htm/C2004310FR.01026101.htm

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