Faisons que 2026 soit meilleure que 2025 pour l’écologie, les droits et le progrès social
L’année 2025 n’aura pas été un bon cru pour les écologistes et les progressistes. Cela ne nous a pas empêché cependant de nous battre pied à pied au Parlement Européen (et ailleurs) et nous allons continuer plus que jamais en 2026. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on refuse de mener…
Donald Trump contre l’Europe
2025 a marqué le dangereux retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, où il mène depuis un an un coup d’État rampant, éliminant ou contournant tous les garde-fous démocratiques. Il a mis en œuvre tambour battant une politique xénophobe, liberticide et inégalitaire sans précédent avec le soutien des oligarques de la tech américaine.
Côté relations internationales, il a fait alliance quasiment ouvertement avec Vladimir Poutine contre l’Ukraine et l’Union Européenne, désormais désignée par la Nouvelle Stratégie de Sécurité américaine comme le seul véritable ennemi des États-Unis. Face aux agressions répétées de Donald Trump, force est de constater cependant que l’UE et ses dirigeants, tant au niveau des États membres que des institutions européennes, n’ont pas été à la hauteur jusqu’ici.
La faillite de la stratégie « profil bas » des dirigeants européens
Ils ont choisi en effet de faire profil bas en espérant s’attirer les bonnes grâces de Donald Trump, notamment pour préserver le soutien américain à l’Ukraine face à Poutine. Cela a été le cas en particulier lors de la mise en scène pitoyable de « l’accord » de Turnberry sur les droits de douane imposés par les États-Unis. Ils n’y ont gagné en réalité que le mépris de Donald Trump qui ne respecte, et ne cède, qu’à ceux qui lui résistent.
Le Président des États-Unis en a logiquement déduit que l’Union Européenne était décidément une institution faible et sans colonne vertébrale, qui finirait toujours par accepter ce qu’il déciderait de faire. Si l’UE a cédé aussi facilement sur les droits de douane alors qu’elle est une puissance commerciale incontournable, pourquoi ne pas aller plus loin et lui extorquer des promesses exorbitantes d’achat de gaz, d’armes et d’investissements au profit des États-Unis ? Et pourquoi ne pas l’obliger à démanteler ses règles numériques qui gênent les oligarques américains de la tech? Et surtout, il en a déduit facilement aussi que sur le conflit ukrainien, il pouvait très bien s’entendre avec Poutine pour obliger les Ukrainiens à capituler sans s’embêter des retombées sur les Européens.
2025 a vu aussi un cessez-le-feu intervenir enfin à Gaza après quasiment deux ans d’une guerre génocidaire qui a détruit quasiment tous les bâtiments et les infrastructures de l’enclave, tué au moins 70 000 personnes et déplacé la totalité de sa population obligée de survivre dans des conditions indignes. Ce cessez-le-feu n’est cependant pas respecté par Israël qui occupe toujours plus de la moitié du territoire de l’enclave, empêche l’entrée de l’aide humanitaire en quantité suffisante et refuse tout droit à l’autodétermination des Palestiniens. Tout en menant parallèlement une politique très agressive d’annexion de fait en Cisjordanie en appuyant les innombrables exactions des colons israéliens.
Sur Gaza, l’Union Européenne a été en dessous de tout
Sur ce dossier également, l’Union Européenne s’est montrée en dessous de tout en refusant de sanctionner les dirigeants israéliens qui ont défendu une politique génocidaire, d’interdire les exportations d’armes vers Israël et les importations en provenance des colonies illégales de Cisjordanie, de suspendre l’accord d’association avec Israël bien que son article 2 lui en fasse obligation. Moyennant quoi l’UE s’est là aussi exclue du règlement d’un conflit qui se déroule à quelques kilomètres de sa frontière… Tandis que le deux poids deux mesures qu’elle a constamment pratiqué depuis octobre 2023 entre les crimes et les violations du droit international commis par Benjamin Netanyahu et ceux commis par Vladimir Poutine a achevé de la discréditer aux yeux du reste du monde.
Enfin sur le plan interne, l’année 2025 a confirmé le changement d’alliance du Parti Populaire Européen qui privilégie désormais sur quasiment tous les dossiers son rapprochement avec l’extrême droite dans le cadre de la « majorité Venezuela ». La droite et l’extrême droite européenne se sont mis d’accord pour mettre à bas le Green Deal et les efforts engagés au cours de la précédente mandature afin de lutter contre le changement climatique, affaiblir la protection des consommateurs européens et menacer leur santé et renforcer la politique xénophobe de « Forteresse Europe ». La faiblesse de la réaction des dirigeants européens face aux agressions de Donald Trump, qui vient encore d’être confirmée à propos de l’intervention américaine au Venezuela, entretient évidemment un lien étroit avec l’alignement de la droite et de l’extrême droite européenne sur l’agenda trumpiste en politique intérieure. Faute de rencontrer la moindre opposition de la part de l’Union européenne, Donald Trump se sent libre de poursuivre l’expansion de son empire. Ses prochaines cibles sont désormais clairement identifiées : elles ont été énumérées sans détour à la suite de l’enlèvement de Nicolás Maduro — le Mexique, la Colombie, Cuba et le Groenland. Et la menace ne se limite pas au registre militaire. L’administration américaine revendique ouvertement sa volonté de favoriser un changement de régime en Europe, en soutenant les partis d’extrême droite et en s’attaquant frontalement à notre État de droit. Le locataire de la Maison Blanche a ainsi récemment menacé les magistrats européens de sanctions, dans l’hypothèse où des membres du Rassemblement National — ou de l’AfD en Allemagne — venaient à être condamnés par la justice.
2026 doit marquer un tournant face à Trump et à l’extrême droite européenne
Nous avons lutté bec et ongles contre cette dérive au Parlement Européen et nous continuerons plus que jamais à le faire en 2026. On peut espérer que les outrances et les échecs de Donald Trump finiront par détourner les Européens de l’extrême droite et que les conservateurs du PPE finiront par se ressaisir pour contribuer eux aussi à sauver la démocratie en Europe et empêcher la vassalisation de notre continent.
Une part essentielle de cette bataille va se jouer en France au cours des prochains mois pour éviter qu’elle ne bascule à son tour à l’extrême droite. Une telle victoire porterait un coup fatal à la démocratie non seulement en France et en Europe, mais probablement aussi dans le monde entier. Nous prendrons toute notre part dans ce combat mais il ne peut être gagné que si chacune et chacun prend ses responsabilités et s’y engage activement. Il faut d’urgence sortir d’une passivité et d’un défaitisme qui sont autoréalisateurs.
Mounir Satouri
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