Arrêtons de financer des projets miniers dangereux et polluants

24 mai 2011
Dans une lettre ouverte publiée le 24 mai 2011, les eurodéputés Europe Ecologie – Les Verts, et cinquante autres députés européens, appellent à un moratoire sur les financements publics de l’UE aux projets miniers. Dangereuses et polluantes, les industries extractives et minières doivent impérativement être contraintes à des normes plus strictes.
Chaque année, des millions d’euros de fonds publics européens sont attribués à des projets miniers sous couvert d’aide au développement. En collaboration avec Les Amis de la Terre, une cinquantaine d’eurodéputés de gauche et progressistes ont donc décidé de dénoncer les pratiques des industries extractives et minières qui ne contribuent pas toujours à un « développement positif ». Bien au contraire, « les mines sont généralement exploitées par des multinationales qui ont souvent des liens étroits avec des paradis fiscaux et opèrent partout dans le monde, dénoncent les élus, ce qui les rend extrêmement difficiles à contrôler et à tenir responsables des dommages (environnementaux ou sociaux) qui peuvent résulter de leurs activités ». Dans une lettre ouverte, ils demandent donc à l’Union de cesser tout financement (y compris ceux de la Banque européenne d’investissement) aux industries extractives et minières tant que des normes strictes et contraignantes n’ont pas été établies.

« L’industrie minière est une activité potentiellement dangereuse pour les communautés locales et les pays d’accueil, précisent les élus. Des cas récents montrent que les normes et la réglementation en vigueur sont insuffisantes ». Ils s’appuient sur l’exemple de la Mopani Copper Mine, un consortium exploitant le cuivre et le cobalt dans la Copperbelt en Zambie depuis 2000. Un audit fiscal a récemment révélé comment Mopani exporte ses bénéfices hors du pays pour ne pas être soumis à l’impôt zambien et les transfère vers sa maison-mère, Glencore AG, qui a son siège en Suisse. De plus, des analyses indiquent que Mopani aurait des impacts environnementaux et sociaux très lourds (responsables de graves pollutions au dioxyde de soufre, contaminations de l’eau à l’acide) ; qu’elle emploie des travailleurs précaires à bas salaires et n’hésite pas à licencier massivement quand le prix du cuivre a chuté après la crise financière, plongeant la région dans une situation extrêmement délicate… Et cela alors que la Banque européenne d’investissement a accordé à Glencore, en 2004, un prêt soumis à des conditions environnementales de 48 millions d’euros.

« Nous craignons que le projet Mopani ne soit qu’un exemple parmi tant d’autres », estiment les signataires. Ces dix dernières années, la Banque européenne d’investissement a été impliquée dans six opérations minières en Zambie, et a investi des centaines de millions d’euros dans des projets miniers au Botswana, au Congo, au Gabon, au Kenya, à Madagascar, au Malawi et au Mozambique. Des pays où les problèmes de transparence et de gouvernance rendent les investissements dans le secteur minier très risqués.?

– Lire l’intégralité de la lettre ouverte au Président du Conseil européen, à la Présidence hongroise, au Président de la Commission européenne et au responsable de la Commission sur les financements de l’UE aux industries extractives : Pour un moratoire des financements européens sur les extractions minières
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