Calais : Les écologistes interpellent Hollande et May sur la situation des enfants non accompagnés

5 octobre 2016
Alors que les travaux d’un mur de 4 mètres de haut ont débuté sur le port de Calais, les écologistes français et britanniques interpellent François Hollande et Theresa May sur la situation préoccupante des enfants non accompagnés. Chaque fois que les camps sont évacués, des enfants disparaissent.

Madame le Premier ministre May,
Monsieur le Pre?sident Hollande,

Alors que nous saluons l’attention que vos deux gouvernements ont re?cemment apporte?e aux conditions de vie e?pouvantables des personnes vivant dans des camps dans le nord de la France, nous vous e?crivons pour exprimer notre pre?occupation concernant les derniers de?veloppements sur place et notamment la construction d’un mur de quatre me?tres de haut dans le port de Calais. Nous sommes tout particulie?rement inquiets pour la se?curite? des enfants non accompagne?s alors qu’il est pre?vu de fermer ces camps.

Chaque fois que les camps sont e?vacue?s, des enfants disparaissent. Il est essentiel que les jeunes vulne?rables soient mis en se?curite? avant que ces camps commencent a? e?tre de?mantele?s.

Il est de?ja? intole?rable que les enfants vivent dans de telles conditions. Les dangers auxquels les enfants migrants sont confronte?s, y compris l’exploitation sexuelle, la violence et le travail force?, sont tre?s documente?s. Il est inexcusable que de telles conditions se retrouvent a? la frontie?re entre deux des pays les plus riches au monde. Il est impensable que l’expulsion force?e des camps se produise sans que des solutions alternatives ne soient mises en place pour ces mineurs.

Nous savons que la plupart de ces enfants souhaitent rejoindre la Grande-Bretagne afin de rejoindre des membres de leur famille et qu’ils ont le droit le?gal de le faire. Plus d’un an a passe? depuis que le gouvernement britannique s’est engage? a? transfe?rer 3 000 enfants re?fugie?s non accompagne?s, pourtant seul un petit nombre est arrive? au Royaume-Uni, et le traitement des demandes reste d’une lenteur impardonnable. A l’heure actuelle, il est tragique de voir que ces enfants ont plus confiance dans les passeurs que dans les autorite?s qui ne parviennent pas a? mettre correctement en œuvre la le?gislation qui leur permet le passage en toute se?curite? au Royaume-Uni.

Il a e?te? porte? a? notre attention que deux enfants qui auraient pu se voir reconnai?tre le droit d’e?tre admis au Royaume-Uni ont trouve? la mort alors qu’ils attendaient le traitement de leur demande.

Nous estimons que le gouvernement franc?ais doit faire davantage d’efforts pour fournir aux personnes, en particulier aux enfants, des informations concernant leurs droits dans une langue qu’ils peuvent comprendre et de les aider a? acce?der au syste?me d’asile. Des logements su?rs et salubres doivent e?tre fournis a? tous.

Les gouvernements franc?ais et britanniques doivent remplir pleinement leurs obligations en vertu du droit international et de l’Union europe?enne et faire de la se?curite? des enfants non accompagne?s une priorite?. Nous croyons que l’ « approche de dissuasion » de vos gouvernements – incarne?e par la de?cision de construire un mur a? Calais – est une grave erreur et continuera d’e?chouer.

Nous vous demandons de mettre imme?diatement les enfants non accompagne?s en se?curite?, et de trouver de toute urgence des solutions humaines, dignes et durables a? ce qui est une responsabilite? partage?e envers les re?fugie?s et les demandeurs d’asile.

Since?res salutations,

José Bové, député européen
Molly Scott Cato, députée européenne
Karima Delli, députée européenne
Pascal Durand, député européen
Yannick Jadot, député européen
Eva Joly, députée européenne
Jean Lambert, députée européenne
Michèle Rivasi, députée européenne
Keith Taylor, député européen
Jonathan Bartley, co-président du Green Party of England and Wales
Caroline Lucas, co-présidente du Green Party of England and Wales
David Cormand, Secrétaire général d’Europe Écologie – Les Verts

Eva JOLY est également intervenue en plénière à Strasbourg pour dénoncer la construction du « mur de la honte » à Calais, en rappelant « qu’aucun mur ne pourra arrêter la volonté de ceux qui ont déjà bravé tous les dangers pour fuir la guerre », et que des alternatives existent, comme à Grande-Synthe :


Eva Joly : "Personne ne veut du mur de la honte… par EurodeputesEE

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Un commentaire

  • martin dit:
     - 

    Un nouveau mur qui conforte le mur de l’indifférence qui se battissent dans les têtes parce que nous représentants politiques confortent par leurs décisions cette logique de cloisonnement, de bouc émissaire..du plus petit, du plus fragile… L’Europe sera solidaire ou elle ne sera pas !

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