Grève du lait : les Député-e-s européens d’Europe Ecologie appellent les Chefs d’État et de Gouvernement à intervenir en urgence

17 septembre 2009
Communiqué des Député-e-s européens d’Europe Ecologie

[/Strasbourg, le 17 septembre 2009

/]
Depuis quelques jours, des milliers d’éleveurs font la grève du lait dans
de nombreux pays. C’est la mort dans l’âme qu’ils vident leur lait dans
les fossés et certains vont même jusqu’au suicide.

Face à cette crise sans précédent, l’Union européenne doit prendre des
mesures conséquentes et rapides.

L’Union européenne doit baisser de 5 % les quotas laitiers européens et
ce, de manière inversement proportionnelle aux volumes livrés par les
paysans pour rétablir rapidement un équilibre entre l’offre et la demande.
La politique de laisser-faire est insoutenable. Elle a des conséquences
terribles en termes d’emplois et d’occupation des territoires.

L’Union européenne doit renforcer les capacités de négociations des
éleveurs laitiers pour qu’ils ne subissent plus le diktat des
agro-industriels qui les obligent à vendre à perte. Elle doit également
mettre en place un filet de sécurité pour garantir un prix rémunérateur
aux paysans en cas de crise.

L’Union européenne doit arrêter son programme de restitutions aux
exportations. Elle vient d’engager la somme pharaonique de 480 millions
d’euros, votée main dans la main par des parlementaires européens de
droite et de gauche, pour brader ses excédents sur les marchés mondiaux.
Elle ruine des centaines de milliers de familles paysannes de pays du sud,
et les poussent cyniquement sur les routes de l’exode rural et de
l’émigration.

Ce matin à Strasbourg José Bové et Yannick Jadot, Députés d’Europe
Ecologie, ont interpelé la Commissaire chargée des questions agricoles,
Madame Fischer Boel.

José Bové, qui observe un jeûne de solidarité en direction des producteurs
de lait en grève, a demandé « aux chefs d’État et de Gouvernement, qui
se réunissent aujourd’hui pour préparer le G20, de mettre la question
laitière à l’agenda de cette réunion afin de prendre des décisions qui
répondent aux attentes des éleveurs.
» José Bové a de plus indiqué qu’il
« avait saisi l’Elysée ce matin, par téléphone, de cette demande. »

Yannick Jadot a indiqué à la Commissaire européenne « que les producteurs
de lait en grève n’avaient que faire de la compassion de la Commission et
a appelé la Commission à faire cesser sa politique qui engendre coût
humain et financier exhorbitant.
»

contact presse

Frédérique Tarride
06 11 74 26 00
fatrride@europeecologie.fr

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Un commentaire

  • Bruno dit:
     - 

    On est face à un problème symptomatique, les eurodéputés de droite et de gauche pensent encore productivisme quand les verts tentent une alternative moins butée, celle de sauvegarder l’agriculture du sud (ce qui évitera des exodes de population, des crises et accessoirement une émigration massive, argument qui devrait pourtant encourager les conservateurs à soutenir ce type de proposition) et de sauvegarder l’agriculture du nord.

    Qu’un producteur recoive une rémunére ation décente pour sa production, c’est normal, que l’on évite la diminution du nombre de paysans, voire qu’on encourage par une nette diminution de la taille des élevages à une multiplication du nombre de ferme irait plutot dans le sens de la logique :
    – ferme plus petite = possibillité de faire des élevages sur sol, sans antibiotique et de recourir plus à l’herbe et moins au mais ou soja pour nourrir des animaux en hors sol.
    – ferme plus nombreuse, meilleur interpénétration des « exploitations de céréales » et des élevages, on peut meme envisager alors d’utiliser les excréments des animaux pour améliorer la fertilité des champs, on reviendrait à labourage (quoique la on peut aussi éviter de labourer par des semis couverts) et paturage qui pourraient bien redevenir les deux mamelles de la France
    – plus de paysans donc moins de transports de marchandises et moins de chomeurs

    Que du positif sauf pour les fabricants d’intran, les producteurs américains de soja et les fabricants d’antibiotiques et accessoirement pour les compagnies spécialisées dans le traitement des eaux (moins d’engrais = des captages d’eau moins riches en nitrate, en phosphate et en antibiotique)

    Bon courage, car il semble qu’il y a bien longtemps que la raison a fui l’hémicycle européen, pourtant il faut que ces instances arrivent à comprendre avant que les paysans en soient contraints à se mettre (a propre et plus au figuré) du plomb dans la tete

    Bruno

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