L’Europe doit agir pour promouvoir l’égalité des droits linguistiques

4 mars 2010
L’UE échoue en ne protégeant pas les droits de millions de personnes qui parlent les langues non-officielles. C’est pour cela qu’un groupe de députés européens organisent une conférence au Parlement européen de Bruxelles cette semaine (Jeudi). Ils pensent que l’UE pourrait et devrait faire beaucoup plus pour promouvoir le multilinguisme qu’ils considèrent comme un droit démocratique des citoyens européens.

Dans la conférence ‘‘Diversité linguistique : un défi pour l’Europe’’ interviendront des professeurs et des spécialistes des langues ainsi que des hommes politiques de toute l’Europe. Pour la toute première fois, la traduction simultanée sera accessible dans des langues non-officielles au sein même du Parlement Européen. Aux langues habituellement parlées au Parlement, seront ajoutés le Gallois et le Catalan.

La conférence est proposée par le groupe Alliance Libre Européenne du Parlement Européen qui est composé de l’ensemble des députés représentants les minorités, les régions et les nations infranationales.

Le groupe demande :

· Un statut pour les langues européennes officielles comme le Catalan, le Basque, le Galicien, le Gallois et le Gaélique écossais;
· Des mesures plus fortes au niveau européen pour supporter les langues en danger comme par exemple le Corse, le Breton, l’Ecossais et l’Occitan;
· Une action au niveau européen pour arrêter la répression linguistique.

Parmi les Catalans, les Basques, les Galiciens, les Gaéliques et les Gallois, approximativement 14 millions de personnes parlent leurs langues et continuent d’être privés d’un véritable statut officiel de leurs langues au niveau européen. Les Députés européens apporteront aussi leur soutient au niveau européen nécessaire pour sauver des langues en danger comme le Breton et le Corse.

En introduction de la Conférence, la présidente de groupe ALE et Députée européenne du Plaid Cymru Jill Evans (Pays de Galles) a déclaré :

‘‘La discrimination faite aux nombreuses langues doit s’arrêter. Nous sommes constamment en discutions pour savoir comment l’Europe peut développer une meilleur relation avec les citoyens. Il n’y a pas de meilleur moyen pour commencer qu’en utilisant les langues que les gens parlent. Notre séminaire ancrera solidement cette question à l’agenda du Parlement.’’

‘‘Je suis charmée d’être la première Député européenne à parler le Gallois avec interprétation au sein du Parlement européen. Je passerai la parole à mon collègue Oriol Junqueras qui sera le premier à parler le Catalan avec interprétation. C’est un jour historique. Nous avons fait campagne longtemps et durement pour la reconnaissance de nos langues dans le Parlement Européen et cette conférence est une nouvelle étape.’’

François Alfonsi, Député européen (Corse) a ajouté :

‘‘L’UE ne peut pas autoriser qu’on laisse les anciennes langues qui ont été fondamentales à l’histoire européenne de simplement disparaitre à cause de simples considérations politiques.’’

‘‘Nous avons besoin d’un réel engagement de la Commission Européenne, et spécifiquement de la part du commissaire Vassiliou pour qu’elle prenne les mesures avant qu’il ne soit trop tard.’’

Oriol Junqueras, député européen (Catalan) a commenté :

‘‘Le Catalan est parlé par plus de 10 millions de personnes dans l’UE. Cela veut dire que le Catalan est la treizième langue européenne la plus largement parlée. Il y a 23 langues officielles dans l’UE, cependant, le Catalan n’en fait pas partie.’’

‘‘C’est un symptôme claire du déficit démocratique de la part de l’UE qui doit être résolu. La non-reconnaissance du Catalan est en train d’affaiblir l’UE. L’UE doit voir le multilinguisme comme une opportunité pour se tenir elle-même plus proche de ses citoyens.’’

Tatjana Zdanoka
, députée européenne (PCTVL, Lettonie) a dit :

‘‘Ce n’est plus crédible pour l’UE d’ignorer les discriminations contre les langues. Nous observons que ce genre de discrimination est pratiqué contre divers groupes linguistiques en Europe comme par exemple les russophones dans les pays Baltes et les personnes parlant le Hongrois hors de la Hongrie.’’

‘‘Attaquer de front cette difficile situation qui est de plus en plus importante sera le test-clé pour les nouveaux Commissaires responsables du multilinguisme et des droits fondamentaux autant que la Commission dans son ensemble. J’espère que les Commissaires Vassiliou et Reding feront connaitre leurs politiques cohérentes pour combattre la discrimination linguistique dans un futur proche, prenant compte des meilleurs standards et des meilleurs pratiques disponible dans ce champ.’’

Frieda Brepoels, députée européenne (N-VA, Flandre) a ajouté :

‘‘Je suis absolument convaincu de la plus-value que le multilinguisme rapporte à l’UE. La diversité et le multilinguisme sont des principes fondamentaux de l’UE.’’

‘‘Nous devons être extrêmement vigilant en défendant la position de toutes les langues dans l’UE. Les citoyens européens doivent être capables de suivre le fonctionnement des institutions dans leurs propres langues afin de se sentir plus impliqués eux-mêmes et pouvoir prendre pleinement leur place au sein du projet européen.’’

Ian Hudghton, député européen (SNP, Ecosse) a commenté :

‘‘Les langues locales d’Ecosse sont une part importante de la vie quotidienne de nombreuses personnes ainsi qu’une part importante de la culture européenne. De la même façon que l’utilisation du Gaélique et des langues écossaises ont été promues par le parlement et le gouvernement en Ecosse, ils doivent être encouragés par les institutions d’Europe.’’

‘‘Nous vivons dans l’époque de la mondialisation qui contient avec elle certaines pressions sur les langues non-officielles et les langues les moins utilisées. Cependant elle apporte aussi avec elle des opportunités, et l’UE a un important rôle à jouer en assurant un futur à long-terme pour la riche tapisserie linguistique de l’Europe.’’

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