Pour les ONG, l’UE ne montre pas le bon exemple sur le climat

2 novembre 2009
Par Reuters, publié le 30/10/2009

PARIS – L’Union européenne a raté le coche en n’annonçant pas le montant de sa contribution financière pour aider les pays du Sud à s’adapter au réchauffement climatique, dénoncent des ONG françaises.
Europe Ecologie et Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem et ancienne ministre de l’Environnement, déplore le manque d’ambition voire l’hypocrisie du conseil européen qui s’est réuni jeudi et vendredi à Bruxelles pour parler notamment du climat. Pour Oxfam France, le climat mérite mieux qu’un jeu de poker menteur entre pays occidentaux. (Reuters/China Daily)

Europe Ecologie et Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem et ancienne ministre de l’Environnement, déplore le manque d’ambition voire « l’hypocrisie » du conseil européen qui s’est réuni jeudi et vendredi à Bruxelles pour parler notamment du climat. Pour Oxfam France, le climat mérite mieux qu’un jeu de poker menteur entre pays occidentaux. (Reuters/China Daily)

Europe Ecologie et Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem et ancienne ministre de l’Environnement, ont également déploré vendredi soir le manque d’ambition voire « l’hypocrisie » du conseil européen qui s’est réuni jeudi et vendredi à Bruxelles.

A moins de six semaines du sommet de Copenhague, les Vingt-Sept se sont entendus sur la façon dont seraient répartis les efforts financiers entre eux sans s’engager sur un chiffre vis-à-vis de la communauté internationale.

Ils ont toutefois endossé l’objectif financier selon lequel il faudra 100 milliards d’euros par an pour aider les pays les plus pauvres, dont 22 à 50 de financement public.

Pour Oxfam France, le climat mérite mieux qu’un jeu de poker menteur entre pays occidentaux.

« Bien que le Conseil européen prétende assumer sa part de l’effort mondial, il reste pour l’instant muet sur le montant précis qui lui incombe », estime Romain Benicchio, chargé du suivi des négociations internationales au sein de l’ONG.

Plus grave à ses yeux, l’UE n’a apporté aucune garantie que ce financement ne sera pas ponctionné sur l’Aide publique au développement.

« Plus le sommet de Copenhague approche, plus le risque est grand que les hypothétiques engagements ne soient pas à la hauteur des besoins », craint Romain Benicchio.

« A la veille de Copenhague, les bonnes intentions ne suffisent plus », estime de son côté Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement.

« SOMMET DE L’HYPOCRISIE »

« Il faut se donner les moyens de ses ambitions et arrêter de jouer à cache-cache entre pays dits développés », ajoute-t-il dans un communiqué. A ses yeux, « l’Europe a manqué aujourd’hui l’occasion de devenir leader sur le climat ».

Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie, dénonce pour sa part une manoeuvre des Vingt-Sept qui aurait pour conséquence de diviser par trois la part européenne de l’effort mondial.

Au niveau international, l’Union européenne souhaite répartir la facture en fonction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de chaque pays et, dans une moindre mesure, de leur PIB.

Or, lors de l’adoption du Paquet énergie climat l’an dernier, l’UE avait fait le contraire en prenant plus en compte le niveau de richesse de ses membres que leurs émissions, pour ne pas se mettre à dos les pays de l’Est.

« Pourquoi ce qui est équitable en Europe ne le serait pas au niveau international? Parce que tout est bon pour aider le moins possible les pays du Sud, quitte à se contredire. Ce sommet européen est le sommet de l’hypocrisie », attaque Yannick Jadot dans un communiqué.

La position exprimée vendredi à Bruxelles est « frileuse » et « incompatible » avec les enjeux du réchauffement climatique, selon Corinne Lepage, vice-présidente de la commission environnement au Parlement européen.

Selon l’ancienne ministre de l’Environnement, les Vingt-Sept doivent s’engager à hauteur d’au moins 30 milliards d’euros par an en faveur des pays pauvres d’ici à 2020.

Partager cet article

Les commentaires sont fermés.