Prévention des suicides : n’oublions pas la pression du travail

10 septembre 2012
Aujourd’hui en France, selon l’Institut national de veille sanitaire, presque un décès sur 50 est un suicide. A l’occasion de la journée mondiale de prévention des suicides, Karima Delli, eurodéputée Europe Ecologie – Les Verts, dénonce le mal-être au travail et les conséquences du stress sur les travailleurs plongés au cœur de la crise économique. Communiqué de presse.
Communiqué de presse – Bruxelles, le 10 septembre 2012

Pour Karima Delli, députée européenne Europe Ecologie – Les Verts, membre de la commission parlementaire de l’Emploi et des affaires sociales, et rapporteure du Parlement européen pour l’évaluation de la Stratégie européenne de Santé et de Sécurité au Travail :

« Cette journée mondiale de prévention du suicide est l’occasion de se poser les bonnes questions. Si malheureusement, le phénomène est peu étudié et reconnu, il est clair que le mal-être au travail est responsable de nombreux suicides, surtout en cette période de crise économique. Ainsi, les tentatives de suicide ayant nécessité une hospitalisation sont six fois plus nombreuses chez les personnes précaires que dans la population générale, selon Michel Debout, ancien Président de l’Union nationale de prévention du suicide. Une récente enquête réalisée par l’institut OpinionWay pour la CFE-CGC démontrait que 58 % des cadres ont le sentiment que leurs efforts ne sont pas reconnus à leur juste valeur, et que 75 % estiment que le stress n’est pas pris en compte dans leur entreprise.

Une pression permanente dictée par la financiarisation de l’économie, un management sous le signe de la rentabilité, l’indifférence voire le mépris pour les souffrances physiques et psychiques des travailleurs et de leurs familles : ce cocktail explosif ne peut qu’entrainer des catastrophes humaines telles que nous les avons observé à La Poste, chez France Telecom ou dans les usines Renault.

Les eurodéputés ont déjà demandé à la Commission européenne et aux États européens de développer des stratégies nationales de lutte contre la violence au travail, qui soient efficaces et basées sur une définition du harcèlement moral commune aux 27 États membres. Plus généralement, les employeurs devraient être soumis à une obligation légale de prise en compte des risques psychosociaux, qu’ils soient employeurs publics ou privés.

Par ailleurs, mieux connaître les facteurs aggravant des idées suicidaires permet de mettre en place des stratégies de prévention et des protocoles de management respectueux de l’individu. En France, il est urgent de créer un observatoire national des suicides, qui s’intéresserait notamment au lien entre travail et suicide, via l’étude des évolutions des métiers au sein des entreprises, des grands corps d’Etat comme la police, les hôpitaux et dans le monde agricole, comme la Suède ou la Grande-Bretagne le font déjà. »

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