Torture et détention secrète par la CIA en Europe

2 mars 2012
Après cinq années dans le placard, le dossier des centres de torture et de détention secrète par la CIA en Europe reprend au Parlement européen. Compromettant pour l’Union Européenne qui se veut Maîtresse des droits de l’homme, l’affaire est suivie par la députée Hélène Flautre.

Hélène Flautre, eurodéputée EELV et membre de la commission Libertés civiles, entreprend un rapport d’initiative* sur l’implication des Etats européens dans le programme de transferts illégaux, d’enlèvement et de détention secrète par la CIA dans le cadre de la « guerre contre le terreur » menée sous l’administration Bush.

Ce rapport fait suite au travail de la commission temporaire Fava de 2007 ; pendant un an le Parlement européen s’était penché sur le dossier de la torture et des détentions secrètes par la CIA au sein de l’UE, mais le travail est resté sans suite au niveau des institutions européennes.

Cinq ans après, au vu des éléments nouveaux, le Parlement a jugé nécessaire de reprendre le suivi politique et institutionnel de ce dossier dans un nouveau rapport confié à la députée EELV, en collaboration avec la députée ALDE Sarah Ludford, co-rapporteur pour la Commission des Affaires étrangères.

Pour Hélène Flautre : « Il faut s’assurer que toute la lumière soit faite sur la collaboration des Etats européens dans des pratiques illégales qui conduit à des violations graves des droits de l’homme, comprenant des actes de torture, de détention arbitraire et de disparitions forcées. Il est particulièrement inquiétant que des tels abus aient pu être commis sur le territoire européen.

Il est du devoir du Parlement européen de veiller à ce que l’ensemble des Etats membres et des institutions de l’Union européenne garantissent la protection des droits et des libertés des citoyens européens et respectent des valeurs fondatrices de l’Union. »

Ce rapport vise à établir la vérité sur les agissements des représentants des citoyens. Les dirigeants ont l’obligation de répondre de leurs actes et rien ne justifie que certains domaines échappent au public dès lors qu’il s’agit de violations des droits de l’homme.

L’UE et ses Etats membres doivent pleinement s’engager à clarifier les allégations dont ils ont fait l’objet. Il faut comprendre ce qui s’est exactement passé et en tirer les leçons. Il est primordial que les victimes puissent obtenir réparation, urgent que les responsables soient sanctionnés et que de tels abus ne se reproduisent plus à l’avenir. Pour promouvoir l’état de droit et les droits de l’homme dans le reste du monde, l’UE doit retrouver un bon bulletin.

*Rapport  » Utilisation alléguée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers: suivi du rapport du Comité TDIP  »

Crédit Photo : REUTERS

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