Audition de Mark Zuckerberg : beaucoup de questions restées sans réponses

23 mai 2018

Mark Zuckerberg était convoqué mardi 22 mai au Parlement européen pour une audition par les président.e.s des différents groupes politiques. Une rencontre motivée par les récents scandales ayant mis en lumière la collecte illégale et l’utilisation à des fins frauduleuses des données personnelles de millions d’utilisateurs du réseau social. Réaction d’Eva JOLY.

Eva JOLY, membre de la Commission des Libertés civiles du Parlement européen déclare :

« L’audition de Mark Zuckerberg a été très décevante : il n’a pas répondu à de nombreuses questions pourtant fondamentales, aidé en cela par le Président conservateur du Parlement, Antonio Tajani, qui a fait en sorte que Mark Zuckerberg n’ait pas à répondre à chaque question séparément, contrairement à ce que les Verts avaient demandé. Les citoyens sont pourtant en droit d’obtenir davantage de réponses après le récent scandale « Cambridge Analytica ».

En particulier, nous aurions aimé savoir si Facebook – comme il le prétend – serait réellement en conformité avec les nouvelles règles européennes d’ici vendredi – jour de l’entrée en vigueur du RGPD -, en garantissant par exemple que l’accès à Facebook ne soit pas conditionné à la collecte de données allant au-delà du nécessaire. Monsieur Zuckerberg a aussi évité la question au sujet de potentiels échanges de données entre les services détenus par Facebook, comme Whatsapp par exemple.

De simples excuses ne suffiront pas. Nous attendons des mesures concrètes pour renforcer la transparence des publicités sur Facebook et pour empêcher l’exploitation abusive de nos données personnelles.

Sur le volet fiscal, Mark Zuckerberg a beau avoir répété que Facebook payait ses impôts conformément à la loi, il a esquivé notre question lui demandant si son entreprise était prête à davantage de transparence concernant les impôts payés et les détails de son activité pays par pays. Ce serait un moyen efficace de garantir que les impôts sont effectivement payés là où a réellement lieu l’activité, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.

Nous exhortons encore une fois Facebook à faire le maximum pour protéger la vie privée des utilisateurs et à appliquer les standards européens à l’ensemble des utilisateurs à travers le monde. Il en va du respect de nos droits fondamentaux. »

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