COP27 – Signez la pétition pour que l’Égypte ouvre son espace civique et libère toute personne détenue arbitrairement

7 septembre 2022
La COP27 se tiendra en novembre en Égypte. L’action climatique n’est possible qu’avec un espace civique ouvert. C’est loin d’être le cas en Égypte. Le Parlement européen a d’ailleurs adopté plusieurs résolutions d’urgences sur les droits humains en Égypte ces dernières années. Cette pétition, soutenue par le rapporteur permanent du Parlement européen sur l’Égypte Mounir Satouri, est élaborée par le mouvement égyptien des droits humains. Les pétitionnaires recueillent les signataires de manière continue jusqu’à la COP27 en novembre 2022. Merci d’avance pour votre soutien !

 

Pétition hébergée et proposée par COP Civic Space

SIGNER LA PÉTITION ICI

👇Traduction en français de la pétition disponible en arabe et en anglais 👇

Avant la COP27 : Ouvrez l’espace civique et libérez toutes les personnes détenues arbitrairement en Égypte

En tant qu’organisations, groupes et individus suivant la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique 2022 (COP27) qui se tiendra à Sharm El Sheikh en Égypte du 7 au 18 novembre 2022, nous notons avec une grande inquiétude la situation des droits humains en Égypte et en particulier les restrictions du gouvernement aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, ainsi que l’espace restreint pour la société civile et l’opposition politique dans le pays.

 

Les autorités égyptiennes utilisent depuis des années des lois draconiennes, y compris des lois sur le contre-terrorisme, la cybercriminalité et la société civile, afin de soumettre les populations civiles et d’étouffer toute forme de dissidence et de mobilisation pacifique. Nous constatons que, sous le gouvernement actuel du président Abdel Fattah al-Sisi, des dizaines de milliers de personnes ont été arbitrairement condamnées à de longues peines d’emprisonnement, poursuivies ou maintenues en détention provisoire prolongée pour avoir milité pacifiquement, y compris pour des actions aussi anodines que le partage d’un message sur Facebook.

 

Sous le gouvernement actuel, l’Égypte est devenue l’un des trois pires pays au monde pour le nombre de journalistes emprisonnés. Les forces de sécurité du gouvernement ont eu recours à des moyens violents et illégaux, y compris l’utilisation systématique de la disparition forcée et de la torture, ainsi que des exécutions extrajudiciaires, dans une impunité quasi-totale. Souffrant de conditions de détention abominables, des centaines de personnes sont mortes en détention.

 

Le pouvoir judiciaire et le ministère public ignorent systématiquement les plaintes des détenus pour torture et mauvais traitements, tandis que les tribunaux maintiennent les personnes perçues comme des détracteurs en détention provisoire pour une durée quasi illimitée et prononcent des condamnations, y compris des condamnations à mort, à l’issue de procès manifestement inéquitables. Ces dernières années, les autorités ont procédé à un nombre sans précédent d’exécutions, plaçant l’Égypte dans le trio de tête mondial pour le nombre d’exécutions enregistrées en 2021. Les tribunaux ont également condamné plusieurs femmes sur des accusations liées à la moralité pour avoir fait des vidéos TikTok et des minorités religieuses sur des accusations de blasphème.

 

Faire progresser la justice climatique exige une approche holistique inclusive de la politique environnementale qui intègre les droits humains et s’attaque aux problèmes systémiques, notamment les injustices sociales historiquement enracinées, la destruction écologique, les graves abus des entreprises, la corruption et l’impunité, ainsi que les inégalités sociales et économiques. Dans le monde entier, les voix les plus fortes qui s’élèvent contre ces problèmes systémiques et en faveur d’une action climatique plus significative et plus ambitieuse sont celles de la société civile.

 

Nous soutenons l’appel lancé par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association : que le travail de la société civile soit reconnu, publiquement et au plus haut niveau, comme essentiel à l’avancement de l’action climatique et de la transition juste. En outre, nous soulignons l’importance du droit à la liberté d’expression et à l’établissement de rapports indépendants pour encourager les efforts visant à résoudre la crise climatique.

 

Nous soulignons qu’une action climatique efficace n’est pas possible sans un espace civique ouvert. En tant qu’hôte de la COP27, l’Égypte risque de compromettre le succès du sommet si elle ne s’attaque pas de toute urgence à ses violations continues des droits humains et aux restrictions imposées à la société civile.

 

Nous demandons à l’Égypte de veiller à ce que les organisations de la société civile, les militants et les communautés puissent participer de manière significative à toutes les discussions et activités sur le climat et l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de transition juste à tous les niveaux de décision, sans crainte de représailles. Les autorités doivent mettre en place des processus transparents et inclusifs pour s’assurer que chacun, y compris les femmes, les peuples autochtones et les communautés locales, les travailleurs, les jeunes, les enfants, les personnes handicapées et les autres groupes confrontés à la marginalisation ou à la discrimination, bénéficie de chances égales de participer effectivement à la prise de décision sur le climat.

 

L’accès à l’information est essentiel à une participation efficace. À cette fin, nous demandons à l’Égypte de débloquer immédiatement et d’accorder l’accès à l’intérieur du pays aux sites web bloqués d’environ 700 médias indépendants et organisations de défense des droits humains, de libérer tous les journalistes qui ont été arrêtés pour avoir fait leur travail, et de mettre fin à sa politique de restriction des médias et des sphères numériques.

 

Nous reconnaissons qu’un certain nombre de journalistes, de défenseurs des droits humains et d’autres personnes détenues arbitrairement ont été libérés sous condition au cours des derniers mois. Nous demandons instamment à l’Égypte de libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes détenues simplement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits humains, en appliquant les critères établis par les ONG locales pour ces libérations : équité, transparence, inclusivité et urgence.

 

Nous demandons également à l’Égypte de mettre fin aux poursuites contre les militants et les organisations de la société civile et de garantir un espace pour la société civile, y compris les défenseurs des droits humains, afin qu’ils puissent travailler sans crainte d’intimidation, de harcèlement, d’arrestation, de détention ou de toute autre forme de représailles, notamment en levant les interdictions de voyager et les gels d’actifs, et en clôturant tous les dossiers contre les défenseurs des droits humains détenus pour leur travail en faveur des droits humains.

Signatures:

  1. Association for Freedom of Thought and Expression (AFTE)
  2. Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
  3. Committee for Justice (CFJ)
  4. Egyptian Front for Human Rights (EFHR)
  5. Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR)
  6. EgyptWide for Human Rights
  7. El Nadeem Center Against Violence and Torture
  8. Refugees Platform in Egypt (RPE)
  9. Sinai Foundation for Human Rights
  10. The Egyptian Commission for Rights and Freedoms (ECRF)
  11. The Freedom Initiative (FI)
  12. Egyptian Human Rights Forum

 

 

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