Réforme Omnibus I : l’Europe cède aux pressions étrangères et sacrifie la responsabilité des entreprises
Le Parlement européen et le Conseil viennent d’adopter définitivement la réforme Omnibus I, entérinant un texte désastreux qui démantèle le modèle européen de responsabilité des entreprises, au terme de négociations dominées par une alliance des droites et de l’extrême droite.
Présentée comme une “simplification”, cette réforme constitue en réalité une capitulation politique face aux pressions exercées par des intérêts économiques puissants et des gouvernements étrangers déterminés à affaiblir les normes européennes.
« Cette réforme est le produit d’une alliance politique assumée entre la droite, l’extrême droite, mais aussi les gouvernements étrangers et de multinationales qui n’ont jamais accepté que l’on puisse les tenir responsables de leurs abus. Ce texte est essentiellement une victoire pour TotalEnergies, ExxonMobil, JPMorgan Chase, Donald Trump et le Qatar. », dénonce Marie Toussaint, eurodéputée écologiste.
Le compromis final réduit drastiquement le champ d’application de la CSRD et de la CSDDD, affaiblit les obligations de vigilance dans les chaînes de valeur, supprime l’obligation de mettre en œuvre des plans de transition climatique et réduit les sanctions, tout en supprimant le régime européen de responsabilité civile pour les victimes.
« En détruisant nos propres règles, l’Europe se tire une balle dans le pied. Ce sont précisément ces règles de transparence et de responsabilité qui protègent la compétitivité de nos entreprises à l’international. L’Union décide aujourd’hui de fragiliser son économie, de pénaliser les nombreuses entreprises vertueuses et d’abandonner celles et ceux qui subissent déjà les abus sociaux et environnementaux des multinationales », poursuit l’eurodéputée.
Ce choix politique envoie un signal clair : plutôt que de protéger son modèle social, climatique et démocratique, l’Union européenne accepte de s’aligner sur les stratégies de dumping normatif promues par des dirigeants étrangers, au mépris de sa souveraineté et de ses engagements internationaux.
« L’Europe ne se défendra pas en renonçant à ses règles. La véritable concurrence déloyale, ce sont ces entreprises qui continuent à polluer et exploiter à l’ombre des regards, et en toute impunité », conclut Marie Toussaint.
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