Borloo à Copenhague : un discours pour rien ?

8 décembre 2009
Jean-Louis Borloo a pris la parole hier à Copenhague lors d’une session de négociation. Il a appelé l’Europe à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d’ici à 2020… dès lors qu’un accord international est trouvé. Et comme l’affirme haut et fort le Président Sarkozy, il n’y aura un accord que s’il est ambitieux. Autrement dit, la France par la voix de son ministre d’Etat continue à porter le message suivant : « si Copenhague est un succès, alors l’Europe avancera ». Rien de plus que la position européenne officielle donc.
On attendait plus d’un ministre qui se déplace à Copenhague dès le premier jour de négociation, et qui demande à prendre la parole alors que l’Union est censée parler d’une seule voix, celle du pays qui la préside c’est-à-dire la Suède. On pouvait espérer que Jean-Louis Borloo passe du « si Copenhague est un succès, l’Europe avancera » à « pour que Copenhague soit un succès, l’Europe avance ». On pouvait espérer qu’il rejoigne d’autres leaders européens comme Gordon Brown qui appellent l’Europe à passer immédiatement d’un objectif faible de 20% à un 30% plus ambitieux, même si cela reste en-dessous des recommandations des scientifiques. Une telle position européenne est nécessaire pour entretenir la dynamique positive enclenchée par les annonces récentes des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde ou encore dernièrement de l’Afrique du Sud.

Il est temps que l’Europe sorte de sa tour d’ivoire, reconnaisse les avancées importantes réalisées par ses partenaires, et adopte dès le Conseil européen de cette fin de semaine une position de leader. Qu’elle arrête de regarder passer les trains comme elle le fait depuis des mois, de considérer que les annonces faites partout dans le monde restent insuffisantes pour qu’elle évolue, et entretienne la dynamique de négociation en passant dès maintenant à un objectif de 30%.

A l’heure actuelle malheureusement, la France est loin d’être aussi progressiste à Bruxelles. Non seulement elle ne souhaite pas passer tout de suite à un objectif de 30%, mais elle n’est pas réputée non plus pour être un ardent défenseur de cet objectif, même après Copenhague…

Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie

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Un commentaire

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    Question à Madame Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie.

    Dans le monde, ce sont les pays du Sud, et les 325 millions de personnes les plus pauvres qui sont les plus touchées par le changement climatique. Ouragans, cyclones, inondations, pluies torrentielles, vagues de sécheresse, élévation du niveau de la mer… menacent de nombreux pays et des milliards d’hommes et de femmes, les obligeant a immigrer sur des terres plus accueillantes.

    En France le gouvernement de Monsieur SARKOZY souhaite une immigration choisie, qu’est ce que cela veut dire, quand des millions de personnes, femmes et enfants tapent, déjà aux portes des pays riches et demandent l’asile climatique.

    Alors je pose une question, que fera le gouvernement de Monsieur SARKOZY quand des millions d’adultes et d’enfants extra communautaires viendront demander l’asile climatique, les laisserons nous mourir de faim et de maladie aux frontières de l’Europe ?

    En France plusieurs milliers de travailleuses et travailleurs sans-papiers se voient refuser leurs régularisations, des immigrés pourtant présents sur notre territoire depuis des années, des immigrés déjà choisis et déclarés par le patronat français? Ces salariés qui, par leur travail, sont déjà intégrés, payent des impôts et participent depuis longtemps au développement économique de notre pays. Des salariés qui, très souvent, occupent des emplois sous payés ou non qualifiés qui ne trouvent pas preneurs; pour preuve, la pénurie de main d’œuvre dans un grand nombre de ces secteurs non qualifiés « en tension », non pourvus.

    Le Président Sarkozy doit sortir de sa «Bulle Élyséenne», et regarder en face la situation globale de l’immigration, les critères de la France et de l’Europe sont déjà dépassés par les conséquences du réchauffement climatique.

    Madame la ministre de l’écologie, en France les demandes de régularisation des travailleuses et travailleurs sans papiers concernent plus de 400 000 personnes, avez-vous l’intention de revoir les critères de régularisation et comptez-vous intervenir pour mettre en place un droit d’asile climatique ?

    Bernard CHAPPELLIER
    Animateur du comité Europe Ecologie Val de Marne

    Europeecologie94.org
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