Climat: pas d’accord ambitieux à Paris sans leadership européen !

6 mars 2015
Les Ministres européens de l’environnement se réunissent aujourd’hui à Bruxelles pour discuter des « contributions prévues, déterminées des pays européens (CPDN) « – autrement dit des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre de chaque État membre à partir de 2020. Ces engagements, décidés à Lima, détermineront l’ambition de l’Europe pour la conférence climat de Paris en décembre prochain.

Pour Yannick Jadot, eurodéputé écologiste et coordinateur du groupe des Verts/ALE pour la COP21, les ambitions doivent être revues à la hausse :

 » L’enjeu de la discussion qui démarre au Conseil est simple: les ministres de l’environnement vont-ils s’aligner sur l’accord des dirigeants européens d’octobre 2014 sur le paquet 2030 et les propositions de la Commission européenne sur l’Union pour l’Énergie et la COP21 de la semaine dernière? Autrement dit, enterrer le leadership européen en matière de lutte contre le dérèglement climatique et de transition énergétique? Ou vont- ils utiliser tous les moyens à leur disposition pour redonner une ambition climatique à l’Europe ?

En, cédant aux lobbies énergéticiens du gaz, du pétrole, du charbon et du nucléaire, les dirigeants européens et la Commission ont divisé par 2 les efforts de transition énergétique sur la décennie 2020-2030 comparée à la décennie 2010-2020. Au moment même où les énergies renouvelables deviennent compétitives et les programmes d’efficacité et d’interconnexion très performants! Pire, les dernières propositions de la commission semble maintenant remettre en cause l’intégrité même de ces objectifs mous, achevant toute possibilité de rester sous le seuil des 2°C de réchauffement.

Nous appelons donc les Ministres de l’environnement, et en particulier Madame Royal, à contrecarrer cette contre-révolution énergétique, à assumer leurs responsabilités et à adopter des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030 bien au- delà des 40% pour le moment retenus, tout en fixant des objectifs intermédiaires pour 2025.

Il faut commencer par rectifier deux aberrations dans la proposition de la Commission telle qu’elle est actuellement formulée : NON, les émissions de LULUCF ne doivent pas être comptabilisées dans les objectifs de réduction des pays car cela signifierait diminuer de 4% les objectifs de réduction des émissions déjà bas. NON, le report des quotas d’émission ETS ne sera pas comptabilisé dans ces mêmes objectifs de réduction car cela signifierait une diminution d’encore 7%!

Sans leadership européen, il n’y aura pas d’accord à Paris! Et ce leadership ne peut pas se limiter à la nature et l’architecture de l’accord. En boostant ses ambitions climatiques et énergétiques, l’Europe peut faire la démonstration que lutter contre le dérèglement climatique contribue significativement à l’essor économique, social et démocratique des territoires. « 

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