Coup de pouce aux objectifs économiques et énergétiques de l’UE

28 février 2012
Réduire de 20 % notre consommation d’énergie en Europe d’ici à 2020. La commission énergie du Parlement européen vient d’envoyer un signal positif en définissant un « nouveau » modèle économique : moins d’énergie, plus de sécurité dans l’approvisionnement énergétique. Yannick Jadot vante cette équation : « Etats, ménages, entreprises : nous sommes tous gagnants. »
C’est un volet majeur de la politique énergétique européenne qui vient d’être adopté en commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement européen (PE) : l’objectif de 20 % de réduction de la consommation d’énergie en Europe d’ici à 2020 deviendrait contraignant.

La commission énergie du PE a envoyé deux signaux positifs: l’un sur l’efficacité énergétique avec, entre autres, des objectifs contraignants de réduction de la consommation d’énergie, l’autre sur la sécurité de l’approvisionnement énergétique.

Le groupe des Verts / ALE se réjouit de ces coups de pouce qui permettront à l’Union européenne (UE) d’être en phase avec ses objectifs climatiques et énergétiques de long terme.

Yannick Jadot, député européen EELV et membre de la commission chargé des questions énergétiques déclare :

« Avec le vote sur le rapport de Claude Turmes sur le projet de Directive européenne sur l’efficacité énergétique et les économies d’énergie (1), ce matin, on retrouve une série de mesures fortes pour réduire la consommation d’énergie en Europe.

En rendant contraignant l’objectif de 20% de réduction de la consommation d’énergie d’ici 2020 (alors qu’il ne reposait que sur la bonne volonté des Etats depuis 5 ans) et en le dotant d’une série de mesures et d’objectifs nationaux permettant sa réalisation, les députés de la commission parlementaire ITRE envoient un premier signal fort.

Dans le rapport figurent également des obligations pour les compagnies énergétiques de réaliser 1,5% d’économie d’énergie par an, et la demande aux Etats membres de rénover 2.5% des bâtiments occupés ou détenus par le public. L’objectif est d’économiser 80% de l’énergie dans le secteur du bâtiment d’ici 2050, ce qui permettra à l’UE de relancer son activité économique, réduire sa dépendance énergétique envers des pays souvent politiquement instables, et créer des millions d’emplois non délocalisables.

Le vote soutenant la mise en place de compteurs intelligents pour les ménages et d’instruments financiers pour permettre la concrétisation des objectifs montre que le Parlement veut se donner les moyens de son succès, tout en assurant la meilleure transparence pour les consommateurs. Les députés de la commission ITRE ont donc affirmé aujourd’hui qu’une politique d’efficacité énergétique sera gagnante pour les Etats membres, gagnante pour les entreprises européennes, et gagnante pour les ménages. (2)

Dans un autre vote portant sur un mécanisme d’échange d’information sur accords énergétiques intergouvernementaux (3), les députés ont largement soutenu la proposition de la Commission. Ils ont demandé davantage de cohérence sur l’approvisionnement énergétique de l’Europe en lien avec nos objectifs de long terme en matière d’énergie et de climat, et de vérifier que ces accords sont conformes aux règles européennes. La politique énergétique de l’UE sort donc renforcée de ces deux votes, qui donnent un mandat fort au Parlement européen pour ses négociations avec le Conseil sur les législations finales dans ce domaine. »

Baisser la consommation d’énergie de 20% d’ici à 2020 équivaut à la réduction de 368 millions de tonnes équivalent pétrole en 2020 par rapport à ce que consommerait l’Europe si elle poursuivait la tendance antérieure. Et si les économies d’énergie attirent peu l’attention des médias, l’enjeu économique est énorme : 368 millions de tonnes de pétrole par an représentent environ 240 milliards d’euros.

Pour rappel :

En mars 2007, les Etats membres de l’UE avaient adopté un triple objectif : réduire de 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre, produire 20 % de leur énergie à partir de sources renouvelables et diminuer leur consommation de 20 %. Seuls les deux premiers objectifs étaient contraignants et la nécessité de réduire la consommation d’énergie n’a pas vraiment été intégrée dans la politique. Actuellement, l’UE réduirait de seulement 9 % sa consommation.

L’idée de passer à un objectif contraignant a fini par s’imposer. Elle s’est traduite dans la proposition de directive publiée par la Commission en juin 2011 et finalement discutée maintenant.

Selon le rapporteur du texte, le député luxembourgeois Claude Turmes (Verts), cette directive sera utile pour la relance économique en Europe. « Les prix de l’énergie n’évoluent que dans un sens et la dépendance de l’UE face à ses importations montrent que le seul moyen de faire face aux coûts croissants de l’énergie passera par des mesures ambitieuses en termes d’efficacité énergétique. Cela aura également pour effet de maintenir des investissements dans l’économie européenne plutôt que de poursuivre la situation actuelle qui implique le transfert d’énormes sommes vers des pays tiers pour les importations d’énergie. »

Le travail est loin d’être terminé. Un vote en session plénière du Parlement sera peut-être nécessaire. C’est au tour des gouvernements d’en discuter. Au sein du Conseil européen, présidé par le Danemark particulièrement favorable au texte, ces mesures pourraient être adoptées avant fin juin.

La Belgique, l’Irlande, la Grèce, le Portugal, mais aussi la Pologne et les pays d’Europe orientale sont favorables à ces mesures. D’autres pays, les plus grands, sont réticents : l’Allemagne souhaite plus de flexibilité, la France est hostile au texte.

(1) La commission ITRE a adopté le rapport du rapporteur Vert/ALE Claude Turmes sur la révision de la directive sur l’efficacité énergétique dans le cadre du processus législatif de co-décision.
(2) Pour plus de détails consultez le briefing: http://tinyurl.com/EEDbriefing-committee
(3) La commission ITRE a adopté le rapport du rapporteur PPE Krisjanis Karins dans le cadre du processus législatif de co-décision . Yannick Jadot est chargé du dossier pour le groupe des Verts / ALE.

Crédit Photo : Claude Turmes

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Un commentaire

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