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Etiquetage des produits alimentaires: Au grand dam du Groupe des Verts/ALE, le PE rejette l’étiquetage sous forme de signalisation tricolore

16 juin 2010
Avec le vote sur le rapport Sommer sur l’étiquetage alimentaire à destination des consommateurs, le Parlement européen vient, sous pression du groupe PPE, de manquer l’occasion d’apporter une vraie contribution à la santé publique. Dès son entrée en commission Environnement du PE, le rapport a fait l’objet d’un travail de sape orchestré par le lobby de l’industrie agroalimentaire visant à empêcher toute amélioration législative en matière d’accessibilité des consommateurs à une information claire et fiable.

Entre autres régressions dénoncées par les eurodéputés Verts/ALE, l’exemption d’étiquetage pour l’alcool ou la libre utilisation de slogans publicitaires destinés à tromper les consommateurs (exemple des barres chocolatées estampillées «bonnes pour la santé» alors qu’elles contiennent du sucre en excès). Seul élément véritablement positif à l’issue du vote, l’obligation d’information imposée sur tout produit contenant des nano-ingrédients.

Selon l’eurodéputée Michèle Rivasi membre de la Commission Santé et Environnement: « Malgré des résultats positifs à l’issue de ce vote, je ne peux que déplorer la victoire des lobbies de l’industrie alimentaire sur la démocratie représentative et la santé de nos concitoyens. Notre santé dépend de notre alimentation, et l’explosion de l’obésité en Europe est bien la preuve que nous mangeons mal. En plus d’avoir un coût humain – sur les sept facteurs de risques de mort prématurée, six sont liées à notre style de vie et notre hygiène alimentaire- la facture de la surcharge pondérale s’élève à 150 milliards d’euros par an au sein de l’UE (6% des dépenses de santé). Qui plus est, ce sont nos enfants qui sont les premières victimes du marketing alimentaire: 5 millions d’enfants sont obèses en Europe et ce chiffre augmente de 300 000 enfants par an ».

En conclusion, Michèle Rivasi reste amère face à l’influence du lobby alimentaire: « Il fallait donc une signalisation claire (type feu tricolore) pour permettre à n’importe qui d’arrêter de consommer n’importe quoi en connaissance de cause. Il est vraiment déplorable qu’un rapport qui était orienté sur la santé des consommateurs se soit transformé dans un rapport protégeant les intérêts d’une industrie alimentaire qui nous fait avaler n’importe quoi ».

Et Sandrine Bélier, eurodéputée Verts/ALE, également membre de la Commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire de conclure: «Ce vote est une véritable occasion manquée d’assurer aux citoyens européens une information claire et lisible sur les produits alimentaires qu’ils consomment. On leur ôte la possibilité de devenir de véritables acteurs du changement face aux enjeux économiques et environnementaux qui sont les nôtres. C’est regrettable. C’est maintenant aux Etats membres de prendre le relai et de s’assurer que l’étiquetage du pays d’origine est bien reprise et que la signalisation en code de couleurs soit cette fois incluse dans le texte. Les eurodéputés du groupe des Verts maintiennent leur mobilisation ».

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