Fermeture du réacteur nucléaire de recherche Osiris : l’autorité de l’ASN mise à l’essai

17 juillet 2014
Pourtant annoncée dès 2008 par l’Autorité de Sûreté Nucléaire, la fermeture du réacteur nucléaire de recherche Osiris – utilisé pour des tests destinés à l’industrie nucléaire et pour la production de radioéléments (notamment le technétium) nécessaires à l’imagerie médicale – fait encore débat.

Réaction de Michèle Rivasi, députée européenne et vice-présidente du groupe les Verts/ALE :

« Alors que la fermeture d’Osiris avait clairement été annoncée par l’ASN pour 2015, le Commissariat à l’Énergie Atomique (et aux énergies Alternatives) demande aujourd’hui à cor et à cri une extension jusqu’à 2018. Les raisons de cet acharnement thérapeutique : le technétium est principalement produit par 5 réacteurs dans le monde, dont 3 seront inactifs entre 2015 et 2016, ce qui fait redouter une pénurie.

Mais regardons les choses honnêtement : cette fermeture est prévue de longue date. Dès 2008, l’ASN indiquait l’arrêt d’Osiris, indépendamment des travaux postérieurs de maintenance, nécessaires au maintien d’une sûreté minimale pour un réacteur atteignant aujourd’hui 48 ans. L’analyse du dossier de réexamen de sûreté (indispensable quel que soit l’avenir du site) a été effectuée en considérant un arrêt en 2015, décision d’ailleurs renforcée par le coût des mesures post-Fukushima qui sont venues s’ajouter à la liste des travaux.

Ce qui est inadmissible, et qui pourrait mener à une situation médicale et syndicale tendue, c’est qu’aucune mesure concrète de mise en œuvre de la décision de l’ASN n’ait été prise en 7 ans ! Une fois encore, la filière nucléaire fonce droit dans un mur en toute connaissance de cause et rien n’est fait pour préparer au mieux l’arrêt et le démantèlement de certains sites, inévitable.

N’oublions pas non plus que l’approvisionnement en technétium ne serait pas menacé si la construction (entamée en 2007) du réacteur Jules Horowitz à Cadarache, censé prendre le relais d’Osiris, n’avait pas accumulé autant de retard : il devait être opérationnel en 2014, il pourrait ne l’être qu’en 2020. Que l’EPR tarde à être construit dans les règles de l’art est une chose, mais que des patients se voient privés de traitement simplement parce que la filière nucléaire est inapte à tenir ses engagements est inconcevable. Encore une fois, cette filière démontre son irresponsabilité et cherche à nous pousser à accepter des risques, faute d’investir (comme c’est le cas dans le domaine énergétique) dans des alternatives nécessaires.

Une décision a été prise par l’ASN. Elle concerne la sûreté et n’est pas discutable. Ses responsables aiment d’ailleurs à rappeler que le A vaut pour « Autorité » et non « Agence ». Dans le cas d’Osiris, il en va de la crédibilité de cette autorité. Si l’ASN n’arrive pas à se faire entendre face au CEA, comment croire qu’elle serait capable d’imposer une fermeture de réacteur à EDF pour des raisons de sûreté ? ».

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