Grèce/référendum: la nécessité d’un sursaut européen

6 juillet 2015
Suite au résultat du référendum grec de ce dimanche 5 juillet 2015 où le non l’a largement remporté, les co-présidents du groupe des Verts/ALE au Parlement européen Rebecca Harms et Philippe Lamberts en appellent à une restructuration de la dette grecque, et l’eurodéputée Eva Joly demande la tenue d’une conférence de la dette en Europe pour sortir de l’austérité:
Réaction des Présidents Verts-ALE Rebecca Harms et Philippe Lamberts :

«Quel que soit le jugement que l’on porte sur le résultat du référendum, il doit être respecté par tous. L’Union européenne et la Grèce sont confrontées à une crise politique profonde. La manière d’y répondre aura un impact direct sur l’avenir du projet d’intégration européenne. Une large majorité de citoyens grecs veulent rester dans la zone euro et il est dans l’intérêt de tous les pays de cette zone qu’il en soit ainsi. Le gouvernement grec, son Premier ministre A. Tsipras et les dirigeants de la zone euro doivent à présent expliquer comment ils comptent s’y prendre et reprendre immédiatement les négociations. Nous demandons donc qu’un Sommet de la Zone euro se tienne cette semaine pour trouver un nouvel accord.

Nous croyons qu’il est dans l’intérêt des citoyens tant helléniques qu’européens de trouver une solution durable à la crise actuelle. Ne sous-estimons pas la gravité du moment aussi bien pour la Grèce que pour l’ensemble de l’Union européenne ; Il est temps à présent, pour tous les dirigeants de faire preuve de responsabilité.»

Pour le groupe Verts-ALE, tout accord devrait comprendre:

1. Une aide financière immédiate afin d’éviter un défaut formel de la Grèce et d’assurer ses besoins de financement pour les mois à venir à des conditions économiquement sensées et socialement juste ; Cette aide financière devrait également donner au gouvernement grec une certaine marge de manœuvre pour répondre aux besoins humanitaires urgents;

2. Une restructuration de la dette grecque pour la rendre soutenable à moyen terme ;

3. Une assistance afin de stimuler l’investissement durable dans le pays en s’assurant que la Grèce soit effectivement en mesure d’utiliser les fonds qui lui sont destinés dans le budget européen;

4. Enfin, le gouvernement grec doit engager des réformes fondamentales nécessaires pour le pays et qui ont été repoussées pendant 4 décennies depuis la fin de la dictature. Il est impératif de rompre avec les pratiques clientélistes au profit d’une administration efficace régie par des règles solides, en particulier dans le domaine de la taxation. Quant à l’Union européenne et ses États membres, ils devraient fournir une assistance politique et technique pour appuyer les réformes dans ce domaine.

Déclaration de l’eurodéputée écologiste Eva Joly:

Après le référendum en Grèce, une conférence de la dette en Europe pour sortir de l’austérité:

« Dans la dignité, et bravant les pressions proférées toute la semaine par les partisans de l’orthodoxie budgétaire, le peuple grec a dit non à l’austérité et au dogmatisme, pas à l’Europe.

Ce résultat oblige aujourd’hui l’ensemble des responsables de la zone euro à affronter la réalité : malgré les efforts considérables qui ont été fait pour ramener les comptes publics grecs dans le vert, la dette grecque est devenue d’autant plus insoutenable que l’austérité a accentué les difficultés économiques du pays

Il est plus que temps de trouver une porte de sortie de crise qui permette à la Grèce de sortir de la récession et de se moderniser, et à l’Europe de tourner le dos à la crise de la dette souveraine.

Les négociations doivent reprendre. Dès maintenant, les dirigeants européens doivent appeler le Conseil des gouverneurs de la BCE, qui se réunira demain, à relever le plafond du programme d’aide à la liquidité d’urgence. Toute autre décision de la BCE reviendrait à entraîner délibérément la Grèce dans le chaos bancaire.

François Hollande doit démontrer sa détermination à maintenir la cohésion de la zone euro. Il doit appeler à l’organisation d’une conférence européenne sur les dettes grecques, mais également portugaises, espagnoles ou encore irlandaises. Ces dettes, difficilement soutenables, sont largement détenues par les autres états-membres de la zone euro. Plutôt que de tout perdre, une solution politique peut donc être trouvée. De l’annulation à la mutualisation d’une partie des dettes, plusieurs options sont sur la tables et doivent être très rapidement étudiées.

Pour l’heure, c’est essentiellement l’obstination de certains dirigeants européens à briser tout esprit de résistance à l’austérité qui empêche encore les négociations d’aboutir. Ces derniers doivent revenir à la raison. A défaut, ils continueront de mettre en péril l’ensemble du projet européen. »

Voir également la position adoptée ce weekend à l’unanimité par le Conseil fédéral d’Europe Ecologie Les Verts: Les écologistes demandent la restructuration de la dette grecque et appellent à un sursaut européen
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