Hongrie : une propagande anti-avortement scandaleuse

10 juin 2011
Plusieurs eurodéputés indignés viennent d’interpeller la Commission européenne au sujet d’une campagne de publicité lancée par le gouvernement hongrois et financée en partie par l’Union européenne. Le message : n’avortez pas, privilégiez l’adoption.
La Hongrie avait déjà suscité les craintes des organisations de défense des droits des femmes à l’occasion du vote de sa nouvelle Constitution. On pouvait y lire un article sur la protection de la vie dès la procréation : « La vie du fœtus doit être protégée à partir du moment de sa conception. » Interpellé à ce sujet, le gouvernement hongrois a donné l’assurance que le droit à l’avortement qui existe dans le pays (jusqu’à 12 semaines) ne serait pas mis en cause.

Les ONG et les eurodéputés sont restés très vigilants à ce sujet et ils ont eu raison : le 4 mai 2011, le ministère des affaires sociales a annoncé le lancement d’une campagne nationale « Equilibre dans la famille + équilibre au travail = équilibre dans le monde ». Une partie de cette campagne est centrée sur un discours anti-avortement, avec une photo de fœtus disant « Je comprends que vous ne soyez pas prêts pour moi… mais s’il-vous-plaît donnez-moi pour être adopté, laissez-moi vivre ». Une campagne en grande partie financée par le fonds européen PROGRESS…

Indignés, les députés européens de la commission du Droits des femmes, dont fait partie Nicole Kiil-Nielsen, ont interpellé la commission européenne pour savoir si elle connaissait le contenu de cette campagne, et s’il était vrai que le financement était octroyé sous le titre « amélioration de la diffusion des politiques de genre dans les politiques et programmes nationaux ». Ils demandent une clarification sur la procédure d’octroi des fonds, et une explication sur la cohérence entre la promotion de l’égalité des sexes et ce financement à une campagne au message anti-avortement.

Viviane Reding, vice-présidente de la Commission, également en charge de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, a répondu à cette interpellation le mercredi 8 juin 2011. Elle a précisé que les valeurs défendues par cette affiche étaient en contradiction avec le programme PROGRESS, et le projet soumis par la Hongrie lors de la demande de financement. La Commission a exigé que ce volet de la campagne soit arrêté immédiatement et que les affiches soient retirées. Si la Hongrie n’agit pas en conséquence, une procédure sera engagée, pouvant aller jusqu’à des pénalités financières.

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