Michèle Rivasi : « Dans les zones contaminées, aucune précaution n’est prise pour protéger la santé des populations »

21 juin 2011
Michèle Rivasi rentre d’un voyage au Japon où elle était invitée par le parti Vert japonais et le Seikatsu Club, une union des consommateurs de 22 millions de membres. Trois mois après la catastrophe nucléaire, le cauchemar ne fait malheureusement que commencer. Dans les territoires contaminés, la population continue de vivre exposée à de fortes doses d’irradiation.
« Je reste de plus en plus convaincue que là où commence le nucléaire s’arrête la démocratie. Quand les autorités ne font pas de la désinformation, elles pèchent tout simplement par manque d’information : aucune précaution n’est prise pour protéger la santé des populations vivant en zone contaminée qui continuent de consommer les aliments contaminés, au péril de leur santé et de leur vie. J’ai appris que lors de la catastrophe, la distribution de pastilles d’iodure de potassium n’avait même pas été effectuée : on peut donc s’attendre à une forte hausse du nombre de cancers, surtout chez les enfants.


Qui plus est, aucune solution n’est apportée aux réfugiés de la radioactivité, ces populations exclues du périmètre des 20 kilomètres entourant la centrale. La plupart d’entre eux trouvent refuge auprès de proches, dans le périmètre de la zone d’évacuation volontaire. Aucune indemnité n’ayant encore été versée et aucun relogement n’ayant été effectué, les femmes et les enfants sont envoyés ailleurs pendant que les hommes continuent d’exercer leurs activités agricoles dans des zones contaminées. Les villageois n’arrivent pas à croire que la nature qui fleurit et bourgeonne est une nature morte : ils tentent d’éviter ainsi ce que l’on appelle le ‘stress radiologique’, ce qui peut mener à des troubles psychologiques sérieux.

Les Japonais tentent de contenir leurs émotions : ils s’interdisent d’exprimer leur désarroi publiquement, terrassés par la fatalité. Les autorités en profitent pour imposer une omerta inquiétante facilitée par l’absence de contre-pouvoirs. Des groupes aidés par la CRIIRAD viennent néanmoins d’être créés et tentent de contrôler le niveau de radioactivité de aliments consommés : c’est un premier pas dans la lutte contre la désinformation. Pourtant la catastrophe est permanente : à cause d’une forte irradiation, les travaux dans la centrale peinent à évoluer et le risque d’explosion par hydrogène dans les réacteurs endommagés demeure important. Le pire peut toujours subvenir. »

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