Optimisation fiscale : Qui veut protéger Juncker et Djisselbloem ?

25 novembre 2015
Ce lundi, les groupes ALDE, S&D et PPE réaffirmaient pleinement leur soutien à la prolongation, en l’état, de la Commission spéciale TAXE. Pourtant, mardi, à l’initiative de la direction S&D, ces mêmes groupes se sont rencontrés pour décider de la fin de l’actuelle Commission Spéciale et la remplacer par une Commission basée sur un mandat très fortement affaibli. Les réactions de Philippe LAMBERTS et d’Eva JOLY.
 
Pour Philippe Lamberts, Président du Groupe Verts/ALE:

« Le scandale Luxleaks semble être pour certains de l’histoire ancienne. À l’abri des regards, il est aujourd’hui proposé de mettre fin à toute enquête permettant d’établir la responsabilité des différents acteurs qui ont permis à l’injustice fiscale de devenir la norme en Europe. Dans la nouvelle proposition, il ne s’agit plus « d’enquêter et d’analyser » mais de « faire un travail d’information » sur l’optimisation fiscale. Que le Parlement renonce à exercer son contrôle démocratique est un coup rude pour les citoyens européens et contribuables qui ont droit à ce que la lumière soit faite sur cet évitement massif de l’impôt par les Multinationales. Mais aujourd’hui, il est proposé de ne plus chercher à savoir qui a permis à Google, Facebook, Amazon et autres compagnies de ne pas payer des milliards d’euros d’impôt. Certains responsables politiques particulièrement concernés, tels que Jean-Claude Juncker et Jeroen Dijsselbloem, seraient ainsi à l’abri de tout complément d’enquête.  »

Pour la Vice-présidente de la Commission spéciale TAXE, Eva Joly:

« Le président du Parlement Européen Martin Schulz est à la manœuvre. Son service juridique a convoqué une réunion officieuse des coordinateurs PPE, S&D et ADLE hier soir. Les groupes Verts/ALE et GUE/NGL qui sont à l’origine de la création de la Commission spéciale et à son extension, en ont été exclus. Il est incroyable de voir le groupe socialiste, parfois à son corps défendant sous pression de sa direction, devenir le premier frein à l’enquête sur le scandale fiscal. La confiance qui s’était instaurée est clairement mise à mal. Un nouveau mandat n’est ni nécessaire ni raisonnable. Le projet de rapport de la Commission TAXE aurait pu être voté sans empêcher le travail d’enquête de se poursuivre. Le mandat de la Commission spéciale telle qu’elle existe est suffisamment large pour poursuivre son travail. Il est encore temps pour chacun de revenir en arrière et d’oublier cet épisode pathétique.  »

Philippe Lamberts, Eva Joly et Sven Giegold tiendront une conférence de presse ce mercredi 25 novembre à 16h pour faire le point sur les derniers développements:

Conférence de presse accessible en ligne:

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