Relance des investissements en Europe : nouvelle occasion manquée

Le plan Juncker est une belle occasion manquée, celle d’un véritable programme de relance en rupture avec les politiques d’austérité imposées ces dernières années. Les réactions de Karima DELLI et de Pascal DURAND.
Pour l’eurodéputée Karima DELLI:

« Le plan Juncker est une belle occasion manquée, celle d’un véritable programme de relance en rupture avec les politiques d’austérité imposées ces dernières années. Alors que les écologistes appellent de leurs vœux un Green New Deal depuis des années, les 315 milliards d’investissement promis par Juncker dans des secteurs d’avenir comme les transports ou le numérique ressemblent plus à un coup de com’ et à un tour de passe-passe financier. Car au final, aucun argent frais n’est mis sur la table. On utilise simplement 16 milliards du budget européen pour dire aux investisseurs: prenez des risques, on couvrira vos pertes. C’est un jeu dangereux qui pourrait bien se retourner contre les contribuables européens, et qui n’a surtout aucune garantie d’aboutir. C’est un chèque en blanc donné à la BEI et aux marchés en rognant sur de vrais programmes européens comme le Mécanisme d’interconnexion pour l’Europe ou Horizon2020. Pourtant, on aurait pu donner une ambition à ce plan Juncker: relancer le rêve européen en investissant dans les secteurs d’avenir et dans la transition écologique pour améliorer le quotidien des Européens et leur donner de nouvelles perspectives d’emploi.

En commissions parlementaires, il a aussi fallu batailler face aux libéraux qui ont tout fait pour empêcher ce qu’ils nomment une « politisation » du Plan Juncker, là où les écologistes ont cherché à imposer des critères pour des projets durables et créateurs d’emplois. Nous avons gagné sur la mobilité urbaine ou sur la rénovation thermique des bâtiments, mais clairement, ce plan Juncker reste bien trop faible. Même notre proposition de consacrer au moins 5 milliards d’euros à un plan européen d’économie d’énergie a été jugé trop « politique ». Elle aurait pourtant pu permettre de créer des emplois sur nos territoires tout en allégeant la facture énergétique des ménages et des entreprises. Désormais la prochaine étape sera la sélection des projets portés par les différents Etats. A charge pour eux d’associer les régions et les acteurs locaux pour valoriser des projets susceptibles de vraiment redynamiser nos territoires. »

Pascal DURAND intervenait dans l’hémicycle pour le groupe Verts/ALE :


Pascal Durand: "le plan Juncker n'est pas un… par EurodeputesEE

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