Réforme de la PAC : le chantage des Conservateurs empêche tout verdissement de la PAC

4 avril 2014
Durant plusieurs semaines et de façon incessante, les groupes qui représentent la droite conservatrice du Parlement européen n’ont cessé d’appeler au rejet des actes délégués (*) de la PAC, dernière étape de la longue négociation pour la première fois en codécision entre le Conseil et le Parlement européen.
Principal argument: trop compliqués, trop bureaucratiques, obstacles à l’indispensable productivité alors qu’en réalité, ils sont les véritables créateurs de complexité par leur vote d’un très grand nombre d’exceptions et de dérogations aux propositions de base et n’ont qu’un seul but: affaiblir les mesures permettant des changements de pratiques agricoles bénéfiques à l’environnement et à la lutte contre le bouleversement climatique.

La Commission européenne ne voulant pas essuyer un échec en fin de mandat a donc choisi de donner des gages à ses contradicteurs. Ils crient déjà victoire, envisagent d’arrêter leurs menaces de rejet soumises au vote de la commission de l’Agriculture et du Développement rural du Parlement européen le lundi 7 avril.

José BOVE, vice-président de la commission de l’agriculture du Parlement européen déclare:

« En annonçant des assouplissements de gestion des cultures de protéines dans les Zones d’Intérêt Écologique (plantes permettant une meilleure indépendance des éleveurs face au soja OGM et fixatrices d’azote) la Commission européenne enterre une des trois mesures du « verdissement » mise place avec déjà tant de difficulté.

Pour moi, avec ce geste politique inutile offert à ses détracteurs permanents – la Commission européenne cède en rase campagne. En acceptant de diviser par trois la compensation des cultures de légumineuses pour bénéficier du verdissement pour les grandes exploitations en monoculture, elle conforte le modèle agro-industriel, les fabricants d’engrais et de pesticides. En acceptant une évaluation dans un an des mesures de verdissement, elle joue le jeu des lobbies.

Les chantages qui ont créé cette situation sont inacceptables et nous réservons notre vote en commission de l’Agriculture du PE sur ce dossier. L’acceptation des actes délégués en commission parlementaire entraînant une éventuelle absence de vote par la plénière de ces textes importants, nous pourrions envisager de déposer une résolution alternative pour que ce vote puisse tout de même avoir lieu publiquement. »

(*) Actes délégués: il s’agit de décisions prises par la Commission européenne pour mettre en œuvre une législation sous contrôle du Parlement européen et du Conseil qui peuvent s’y opposer.

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