Rejet de l’accord de pêche UE-Guinée!

1 octobre 2009
La commission pêche du Parlement européen a rejeté, jeudi 1er octobre, l’accord de pêche conclu entre l’Union européenne et la Guinée. Dans le contexte du massacre de Conakry – plusieurs dizaines de morts par balles – perpétré par le gouvernement putschiste du capitaine Dadis Camara contre des manifestants pacifiques, fin septembre, les députés Verts/Ale de cette commission (où siège Jean-Paul Besset pour la délégation française) ont estimé que l’Europe ne pouvait pas fermer les yeux sur la sanglante répression qui se déroulait en Guinée.
Face à cette violation manifeste des droits humains, ils ont pris l’initiative de proposer à la commission Pêche du Parlement de rejeter l’accord de pêche et le versement fin novembre d’un premier chèque de 350 000 euros afin d’envoyer immédiatement un signal politique fort à la dictature guinéenne et contribuer ainsi à son isolement.

Cette proposition a provoqué un vif débat au sein de la commission, les représentants du Parti populaire européen (PPE) – dont la présidente de la commission – ainsi que ceux du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (eurosceptiques) contestant l’opportunité et l’efficacité d’un tel acte de rupture et invoquant des difficultés techniques et juridiques. La majorité des députés présents, en particulier les socialistes et les libéraux, ont néanmoins soutenu la proposition du groupe Vert qui refusait que le business continue comme si de rien n’était et qu’un accord soit signé avec le sang encore chaud des manifestants.

Ce vote de la Commission Pêche doit encore être ratifié par l’ensemble du Parlement lors de sa prochaine session plénière et n’a qu’un avis consultatif, le Conseil des ministres restant seul décideur en la matière. Les massacreurs de Conakry n’en sont pas moins avertis que l’Europe n’entend pas entretenir avec eux des relations économiques à n’importe quel prix.

Sur ce dossier, la commission du développement, présidée par Eva Joly, avait rendu dès le 3 septembre 2009, à l’unanimité de ses membres, un avis rejettant cet accord.
Cet avis|Lire l’avis sur le site du Parlement européen, préparé par Eva Joly, soulignait déjà le danger, quelques semaines avant le massacre de Conakry, d’allouer des fonds à un pays dirigé par un gouvernement putschiste militaire ainsi que l’absence d’objectifs de développement pour la Guinée.

Ce travail de la commission du développement, mené par Eva Joly, couplé à l’action des députés Verts/ALE en commission pêche, avec Jean-Paul Besset, a permis d’obtenir cette victoire politique forte qui est également une première historique puisque jamais le Parlement européen ne s’était opposé dans le passé aux accords ainsi négociés par la Commission et validés par le Conseil des ministres.


par EurodeputesEE

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