Aura Lolita Chávez, nominée du Groupe des Verts/ALE au prochain Prix Sakharov

Nous avons accueilli cette semaine au Parlement européen la nominée du Groupe des Verts/ALE au Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988. Elle s’appelle Aura Lolita Chávez, elle vient du Guatémala et sa vie est menacée car elle s’oppose à des multinationales qui s’apprêtent à détruire la nature qui permet à sa communauté de vivre.

Le Prix Sakharov est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent. Une simple nomination permet déjà à ses personnalités – qui mettent leur vie en péril – d’attirer les projecteurs sur leur combat et de pousser les États où ils vivent à mieux prendre en considération leurs droits et à protéger leurs vies.
 
Aura Lolita Chávez est leader du Consejo de Pueblos K’iche’ por la Defensa de la Vida, Madre Naturaleza, Tierra y Territorio – CPK (Conseil du peuple K’iche pour la défense de la vie, de Mère Nature et du territoire), au Guatemala. Le CPK coordonne le dialogue et les actions collectives contre les violations des droits humains engendrées par l’expansion des exploitations forestières, des mines, des activités hydroélectriques et agricoles sur leur territoire sans l’accord préalable, libre et informé des propriétaires. Ces projets sont menés sur leurs terres, sans respecter le peu de normes environnementales existantes, représentant ainsi une menace pour le milieu de vie qui les entoure et pour leurs moyens de subsistance, du fait d’une pollution aux métaux lourds, des déviations des cours d’eau et de la déforestation.
 
Nous l’avons accueillie et écoutée avec une grande émotion car elle nous a rappelé que le combat pour Pacha Mama – notre Terre Mère à toutes et tous – est universel, que nous le partagions malgré toutes les différences qui pouvaient nous séparer. Et nous entendons très bien ce qu’elle dit quand elle critique le fait d’être accusée par les autorités d’être un « frein au développement » : quel développement est possible quand la vie disparaît ?
 
C’est la première fois qu’une femme indigène est nominée, et il est rare que soient désignés des défenseurs des droits humains qui sont avant tout des défenseurs de l’environnement. En luttant contre l’abus de pouvoir éhonté de multinationales, en cherchant à protéger les terres de ses ancêtres, en protégeant l’eau et la forêt, elle a déjà vue sa vie menacée à de nombreuses reprises, comme d’autres femmes de sa communauté et du monde entier. Elle est un symbole du combat inlassable que mène le vivant contre le productivisme destructeur. Et c’est pourquoi nous la soutenons et appelons les autres groupes politiques à la retenir parmi les finalistes du Prix Sakharov : s’ils le font, l’espoir continuera de vivre au travers de ses combats, et nous mettrons en lumière ceux qui agissent dans l’ombre des médias.


La rencontre avec Aura Lolita Chávez à Strasbourg en octobre 2017

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