Syrie: la dernière chance?

5 juillet 2012
Dans un contexte de désertions massives de soldats syriens, de dénonciation par des ONG d’une politique étatique de torture contre toute forme d’opposition, l’escalade effrayante du nombre de victimes du conflit la semaine dernière (800 morts) alliée à la croissance soudaine des tensions diplomatiques et militaires entre la Turquie et la Syrie après la destruction d’un avion turc non armé par les forces syriennes le 22 juin 2012, font craindre le pire pour la population syrienne. D’où l’initiative lancée le 30 juin en urgence par Kofi Annan qui vise à favoriser la création d’un gouvernement transitionnel d’unité nationale, en réunissant un groupe d’action pour la Syrie regroupant les deux camps.

Cette idée acceptée par tous les membres du conseil de sécurité, devrait théoriquement accélérer un « après Assad », même si l’exclusion de ce dernier, la faisabilité et la mise en oeuvre politique restent encore à prouver.

La ligue arabe ainsi que 250 opposants syriens se sont réunis le 2 et 3 juillet au Caire pour concrétiser ce projet et favoriser le renforcement de l’opposition, de même le 6 juillet les Amis du peuple syrien ainsi que Catherine Ashton se réuniront à Paris. Mais le rôle de l’Union européenne dans la résolution de ce conflit qui baffoue les droits de l’homme, les valeurs européennes ainsi que la sécurité collective de cette région, reste encore à définir.

Est-ce que l’aide financière européenne en faveur des réfugiés et les récentes mesures supplémentaires d’embargos ciblés contre le régime syrien sont suffisantes pour aider le peuple syrien?

Comment s’assurer notamment que des armes ne transiteront plus par l’Union européenne pour ravitailler le régime syrien?


Intervention d’Hélène Flautre sur la Syrie au PE_Juillet 2012
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Un commentaire

  • Victor dit:
     - 

    La dernière chance… pour ? Une intervention humanitaire ? La guerre en Libye, madame Flautre, a laissé le pays dans un état de chaos indescriptible. Les exactions negrophobes sont incessantes. La situation économique est catastrophique, alors que la Libye était un eldorado sur le continent noir. Alors, un mal pour un bien ?
    Vous semblez oublier que l’axe americano-israélien, qui entend faire pression par la force sur l’armée régulière syrienne, n’a fait qu’envenimer le conflit depuis ses débuts et finançait depuis bien longtemps l’opposition. Ceci est prouvé, le Washington Post publiait un article il y a quelques mois sur le sujet. Nul délire conspirationniste comme voudrait le faire croire les anti-Assad hystériques.
    La politique d’ingérence ne sera jamais la solution, pour la bonne et simple raison qu’elle tend systématiquement à exacerber les tensions, et qu’elle répond à des intérêts qui ne sont aucunement ceux des peuples victimes.
    L’instrumentalisation des communautarismes est la principale arme des puissances occidentales et de ses relais régionaux, depuis des décennies, une arme justifiée par la nécessité de démilitarisation de la région au seul profit d’Israël. Elle rentre dans le cadre d’une stratégie d’ « instabilité constructive » théorisée par les néo-conservateurs américains dans les années 80/90. Vous ne pouvez l’ignorer.
    Ce qui se joue en Syrie est très clair: une guerre par factions interposées à laquelle se livrent les nations soucieuses de préserver l’ordre international unipolaire, la sécurité et l’impunité d’Israël, contre celles qui n’y ont pas intérêt. Le tout sur fond de crise politique syrienne bien réelle qui oppose les tenants d’un système qui se maintient par la force, sous la pression de la vieille garde du parti Baas (un bémol sur le mythe de la toute puissance de Bachar el-Assad, qui n’est autre qu’un réformateur-conservateur, à la fois soucieux de la pérennité d’un certain système, et des intérêts bien compris de la nation syrienne; et souvent pris en otage par les nostalgiques de la brutalité du père, encore très influents), et une opposition protéiforme qui fait office d’idiote utile d’un projet qui la dépasse.
    La démocratisation des institutions syriennes est évidemment une nécessité pour améliorer la représentation confessionnelle et réduire la violence des acteurs gouvernementaux. Toute la question est : peut-elle se réaliser sans une structure laïque garantissant, entre autres, la sécurité de minorités visées par les extrémistes (bien réels, et financés, armés, de leur propre aveu par les occidentaux). La question est ouverte. Ce qui rend toute position, autre qu’une opposition stricte et définitive à l’ingérence, intenable. Je serais curieux, donc, de connaître la position d’EELV: est-elle similaire à celle qu’Eva Joly avait prise sur la guerre en Libye ? La direction d’EELV souhaite t-elle une « intervention humanitaire », et l’envoi de troupes au SOL en Syrie ?
    Le rapport le plus complet sur le sujet du conflit syrien a été produit par le CF2R, disponible sur son site internet. De mémoire une cinquantaine de pages; complet, sérieux, nuancé. Un must-read que feraient bien de consulter nos élus.

    Un citoyen arrageois, militant écologiste.

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