Boues rouges : l’État perd pied en nageant au secours d’ALTEO

Le préfet des Bouches-du-Rhône vient de donner 5 mois de plus à l’usine ALTEO de Gardanne pour que l’industriel stoppe ses rejets de boues rouges illégaux en Méditerranée. Les députées européennes écologistes Michèle RIVASI et Caroline ROOSE condamnent ce nouveau permis de polluer. Elles invitent l’État à préparer la fermeture de l’usine plutôt que de chercher à tout prix à panser une jambe de bois.

Pour Caroline ROOSE, députée européenne écologiste :

« La décision du préfet est une véritable gifle donnée au juge administratif de Marseille qui, en juillet dernier, avait imposé à ALTEO de respecter la loi avant le 31 décembre 2019. Le préfet cède au chantage à l’emploi qu’ALTEO brandit à chaque fois que l’administration et les citoyens lui demandent de respecter l’environnement. 500 emplois sont en jeu et seront perdus à coup sûr tant que l’État continuera de fermer les yeux sur l’hécatombe sanitaire et environnementale dont l’usine est à l’origine depuis des décennies.Les rejets en mer, qui mettent en danger la biodiversité marine et dont souffrent les pêcheurs, doivent cesser au plus. »

Pour tenter de se racheter une image, ALTEO construit une nouvelle unité de retraitement des déversements en mer.

Pour Michèle RIVASI, « cette nouvelle unité de retraitement est un écran de fumée.

Premièrement, elle détourne l’attention et ne règle rien à la pollution terrestre. Les boues rouges restent entassées depuis des décennies dans des bassins à l’air libre sur le site de Mange-Garri à Bouc-Bel-Air, au nez des habitant.e.s qui craignent pour leur vie et celle de leurs enfants.

Deuxièmement, ALTEO est financée pour moitié par des aides publiques pour la création de cette installation. Le reste est assumé par le fonds d’investissement américain HIG. Tout cela est tout à fait rentable et ne constitue en rien une charge pour l’industriel.

Troisièmement, ALTEO s’est récemment déclarée en faillite, invoquant un retournement du marché mondial de l’alumine. Il est courant qu’un industriel sentant le vent tourner cherche à organiser son insolvabilité pour échapper aux coûts de remise en état d’un site naturel ou aux compensations pour la fermeture de l’usine. Ici la ficelle n’est pas juste grosse, elle est énorme. »

Les eurodéputées craignent que la décision du préfet ne se base sur aucune garantie sérieuse de maintien des emplois ou de mise en conformité du site. Elles considèrent urgent que l’État reprenne pied et s’attelle à gérer dès maintenant la fermeture possible de l’usine ALTEO avec toutes ses conséquences sociales, environnementales et écologiques.

Pour plus d’informations, consultez l’article consacré à la question par l’association d’opposants ZEA : https://blogs.mediapart.fr/juanrojo/blog/141219/alteo-chronique-d-une-faillite-precipitee

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