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Commission du développement : des premiers votes encourageants

9 septembre 2009
Lors de sa réunion du jeudi 3 septembre, la Commission du développement se prononçait sur plusieurs textes dont deux résolutions majeures. La première portait sur le changement climatique et les pays en développement dans le contexte de la Conférence de l’ONU sur le Changement climatique de Copenhague, l’autre sur les effets de la crise économique et financière sur les pays en développement et la coopération au développement.

Bien que rapporteur en tant que Présidente de la Commission sur ces deux textes, Eva Joly, avec le soutien des autres députés Verts, a déposé des amendements visant à les renforcer dans le sens d’une meilleure prise en compte des besoins des PED par les pays développés lors des échanges qui auront lieu prochainement lors des rencontres du G20 à Pittsburgh (24-25 septembre) et de Copenhague (7-18 décembre).

Le groupe des Verts a ainsi souhaité insister sur l’impératif de dégager de nouveaux fonds pour financer l’adaptation des PED au changement climatique. En effet, pour les pays développés, la tentation est grande de piller les financements – déjà faibles – alloués au développement pour lutter contre les conséquences d’ores et déjà dramatiques des changements climatiques dans les PED. Des propositions que l’ensemble des membres de la Commission Développement ont soutenues.

Comme elle s’y était fermement engagée au cours de la campagne électorale, Eva Joly s’est en outre saisie dès sa première initiative au Parlement européen de la question des paradis fiscaux et de leurs effets néfastes, notamment pour les PED, en déposant des amendements particulièrement ambitieux à la résolution sur la crise globale.

Ainsi, l’amendement vert faisant état de la nécessaire et urgente mise en place de régulations démocratiques et transparentes pour le commerce international et le système financier international ainsi que celui appelant à un nouvel accord international contraignant qui forcerait les entreprises transnationales à révéler automatiquement les profits faits et les taxes payées et ce, pays par pays, afin d’assurer une parfaite transparence et d’éradiquer ainsi l’abus des paradis fiscaux, l’évasion fiscale et la fuite illicite des capitaux à partir de pays en développement, ont obtenu une adhésion inattendue.

En effet, alors que le soutien des autres partis politiques – notamment du Parti Populaire Européen (Démocrates chrétiens) et des Libéraux – semblait loin d’être acquis, non seulement les principaux amendements verts ont été adoptés par une large majorité, mais la résolution telle qu’amendée l’a été, quant à elle, à l’unanimité.

Il s’agit là d’une incontestable victoire !

Toutefois, ce succès en Commission développement, plus à gauche que la moyenne du PE, ne présage en rien d’un résultat aussi positif en en séance plénière. C’est donc avec impatience que nous attendons le vote par l’ensemble des députés européens à Strasbourg lors de la prochaine session. En effet, si cette résolution était adoptée en l’état (c’est à dire sans être amendée de façon à l’affaiblir par les autres groupes politiques), ce serait alors un signal fort envoyé aux membres du G20. La rencontre de Pittsburgh est un rendez-vous essentiel pour les pays en développement, premières victimes de la crise économique et financière, qui ne pourront attendre indéfiniment une réaction audacieuse et appropriée des pays développés.

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