Désarmement nucléaire: les eurodéputé-e-s écologistes rejettent une position trop faible

15 décembre 2021

Aujourd’hui, les eurodéputé-e-s ont voté sur une position du Parlement européen sur les armes de destruction massive. Mounir Satouri, rapporteur fictif pour les écologistes, explique le rejet de son groupe de ce positionnement.

Une motion trop hostile au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires 

Mounir Satouri:

Nous ne pouvons cautionner d’être aussi négatif sur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, un traité historique que le Parlement européen à l’origine soutenait fortement, dont les promoteurs-rices ont reçu le prix Nobel de la Paix, et qui a encore récemment obtenu un vote de soutien d’une majorité écrasante et légitime à l’Assemblée Générale des Nations-Unies. Notre refus aujourd’hui est celui de valider une position trop faible voulue par les États dotés (dont la France qui tient actuellement le fer de lance de la campagne contre ce traité) et certains États sous parapluie nucléaire.

Derrière ce résultat décevant, il y a bien sûr un rôle clé joué par les eurodéputé-e-s En Marche et autres libéraux français, qui depuis la nouvelle législature font pencher le Parlement vers une position anti-désarmement nucléaire. Car telle est la ligne d’Emmanuel Macron. Le rapporteur socialiste, ancien ministre de la défense Estonien, a aussi tenu une ligne très conservatrice pour son groupe. Tant et si bien que les Italiens et les Allemands de son groupe s’en sont dissociés dans les votes sur nos amendements.

Avancées sur la remédiation des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires

Mounir Satouri:

Lors des négociations, nous avons obtenu d’améliorer le texte sur certains volets, et notamment nous sommes parvenus à ce que soit inclus notre appel à ce que l’UE s’implique dans la remédiation des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires. 

Les essais nucléaires, notamment français, ont eu des conséquences qui persistent toujours aujourd’hui (en Polynésie, mais aussi en Algérie, les essais ont fait de nombreuses victimes sur le champ, par maladie radio-induites et ont pollué gravement l’environnement).

L’Allemagne observera la première réunion des États Parties, le gouvernement français fait campagne contre … 

Mounir Satouri:

J’ai déposé des amendments à ce rapport pour saluer la décision de l’Allemagne dans l’accord de coalition d’aller observer la première réunion d’États parties du Traité d’interdiction. Cette conférence, sorte de « COP » du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, est très importante et il faut que les Etats européens s’y impliquent, chose qu’ils peuvent faire sans avoir ratifié ou signé le traité. Au Parlement européen, j’ai moi-même lancé une délégation parlementaire officieuse et y est invité des eurodéputé-e-s d’autres groupes. Cela démontre l’intérêt qu’il y a au Parlement européen pour ce Traité historique et très prometteur.

Le gouvernement français, pour sa part, refuse tout engagement avec le Traité d’interdiction, appelle au boycott les autres États européens et est en campagne diplomatique éhontée contre le Traité.

Le jour-même du vote sur les amendements, la Ministre des affaires étrangères allemande, l’écologiste Annalena Baerbock réaffirmait l’engagement allemand envers le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

 

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