Fin de l’opération Sophia : les États membres de l’UE envoient les réfugiés vers une mort certaine

29 mars 2019

L’Union européenne ne secourra plus aucun réfugié en Méditerranée à la suite de la suspension de l’opération européenne de sauvetage Sophia. Eva JOLY réagit à cette décision qui fait suite à l’échec des États membres de l’UE à se mettre d’accord sur une répartition équitable des demandeurs d’asile en Europe et à la décision du gouvernement italien de ne pas prolonger cette opération au large des côtes libyennes.

Eva JOLY commente :

« Cette non-décision européenne est une tragédie. En mettant un terme au volet naval de l’opération de sauvetage en mer Sophia, faute de navire, les États membres entérinent purement et simplement la fin du sauvetage en mer en Méditerranée. En stoppant ces opérations de sauvetage en mer, les États membres de l’UE envoient les réfugiés vers une mort certaine. Qu’ils périssent au large des côtes européennes ou qu’ils se retrouvent aux mains des garde-côtes libyens dont les violations des droits humains ne font aucun doute, l’Europe se fait complice du sort funeste qui leur est réservé.

« Les États membres ne doivent plus céder aux populistes en Italie. Ils doivent poursuivre les opérations de sauvetage en mer et s’accorder enfin sur une répartition équitable des réfugiés dans l’Union européenne. Le fait que la Pologne ou la Hongrie s’acharnent à contrecarrer ce processus ne doit signifier ni la fin d’un système de répartition équitable ni celle du sauvetage en mer.

« Les États membres désireux d’accueillir des réfugiés doivent maintenant aller de l’avant et mettre en place un tel système. Il faut par ailleurs cesser de criminaliser les organisations non gouvernementales qui sauvent des vies humaines. Leur action est plus que jamais nécessaire. À long terme, l’Union européenne et ses États membres doivent mettre en place un programme civil européen de sauvetage en mer. »

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Un commentaire

  • isabelle dit:
     - 

    Bonjour,
    Il faudrait complétement réformer à la fois le règlement Dublin 3 ainsi que la convention de Schengen.
    Les États comme la France utilisent ces systèmes et leurs incohérences pour d’une part priver de liberté des êtres humains en les enfermant jusqu’à 90 jours dans des CRA, et ce soit disant dans le but de renvoyer des personnes vers le pays responsable de l’étude de la demande d’asile.
    D’autre part, les autorités font croire qu’elles éloignent des étrangers en situation irrégulière, alors qu’ils sont juste « trimballés » d’un pays de l’UE à l’autre. La plupart de ces personnes sont en outre juste venue chercher des jours meilleurs…..Ne pourrait-on pas créer un organisme supra national chargé d’examiner toutes les demandes d’asile et ensuite qui répartirai équitablement les personnes dans les pays de l’UE.
    De même pour la convention Schengen qui conduit à stigmatiser des Bulgares ou des Roumains qui veulent venir en France sous prétexte qu’ils seraient une charge pour le système de sécurité sociale Français……
    Nous pouvons ne pas être fier de nos politiques relatives à l’accueil des étrangers que ce soit au niveau national ou européen.
    C’est triste !!!!!!