Le Parlement dénonce la corruption et l’effondrement de l’État de droit à Malte et en Slovaquie

28 mars 2019

Réaction d’Eva JOLY suite à l’adoption par le Parlement européen d’une résolution sur la situation de l’état de droit et lutte contre la corruption dans l’UE, en particulier à Malte et en Slovaquie.

Déclaration d’Eva JOLY, Vice-Présidente de la Commission TAX3:

« En Slovaquie, alors que des progrès ont été réalisés dans l’enquête sur l’assassinat de Ján Kuciak et Martina Kušnírová, les menaces contre les journalistes et l’opacité concernant les propriétaires des médias restent très préoccupantes. La liberté de la presse y est attaquée de toutes parts : la Slovaquie dispose des sanctions pénales les plus sévères de toute l’UE en cas de diffamation et la réforme de la loi sur la presse permettra aux politiciens d’interférer avec le travail des journalistes. La fraude à la TVA et la criminalité organisée, domaines sur lesquels travaillait Ján Kuciak avant d’être assassiné, sont loin d’être réglés.

À Malte, la priorité semble plutôt être de se débarrasser du mémorial de la journaliste Daphné Caruana Galizia et de poursuivre ses fils endeuillés en diffamation que de tout mettre en œuvre pour faire aboutir l’enquête judiciaire. Le gouvernement social-démocrate de Joseph Muscat a beaucoup à faire s’il veut être crédible en matière de lutte contre la corruption, alors que demeurent dans son cabinet des ministres cités dans les Panama Papers et qu’existent des allégations de pots-de-vin à l’encontre de son chef de cabinet. Sans oublier les critiques répétées dont Malte fait régulièrement l’objet concernant la mauvaise application des règles de lutte contre le blanchiment d’argent.

Le gouvernement maltais doit d’urgence tirer les conséquences de la résolution adoptée aujourd’hui, qui dénonce sévèrement l’état de la corruption et l’effondrement de l’État de droit dans le pays.

La situation de ces deux pays démontre l’importance pour l’UE de se doter d’un outil plus permanent et régulier de contrôle de l’État de droit, de la démocratie et de la liberté des médias dans tous les États membres. Il est incroyable que le vice-président de la Commission, M. Timmermans, n’ait pas encore proposé un tel mécanisme européen. Il n’a d’ailleurs même pas pris la peine d’assister au débat parlementaire sur le sujet lundi.

Le groupe des sociaux-démocrates mine gravement les valeurs européennes en ne s’attaquant pas aux violations de l’État de droit dans les pays où ses membres sont au pouvoir. Il ne peut y avoir de double-standard. »

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