Le Parlement européen soutient Laura Codruta Kovesi comme cheffe du Parquet européen

27 février 2019

La commission des libertés publiques, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen s’est prononcé pour la candidature de la Roumaine Laura Codruta Kovesi au poste de procureur en chef du Parquet européen. Le Parquet sera chargé d’investiguer et de poursuivre la corruption, la fraude à la TVA transfrontalière et les crimes contre le budget européen. Il devrait débuter ses travaux fin 2019. 22 États membres sont actuellement parties prenantes au Parquet européen avec quelques exceptions notables comme la Pologne et la Hongrie.

Laura Codruta Kovesi est arrivée en tête des suffrages. Alors qu’elle dirigeait l’agence anti-corruption en Roumanie (DNA), cette dernière a effectué un travail remarquable dans un pays gangrené par la corruption et a poursuivi et condamné des centaines d’anciens fonctionnaires et élus politiques de haut niveau. L’été dernier, après de multiples manœuvres d’un gouvernement de coalition entre socialistes et libéraux (S&D et ALDE) bien décidé à blanchir certains leurs membres condamnés pour corruption, Kovesi avait été contrainte de démissionner. Il en avait résulté un soulèvement populaire important en Roumanie.

Les deux autres candidats, Jean-François Bohnert, un procureur français qui a participé à la mise sur pied d’Eurojust, et Andrés Ritter, un procureur de district régional allemand, étaient également de grande qualité.

Après la Conférence des Présidents le 7 mars, le Parlement européen entamera les négociations avec le Conseil.

Eva JOLY, membre de la commission LIBE et porte-parole du Groupe des Verts/ALE sur ce dossier, a réagi en ces termes :

« Nous avons assisté hier à des auditions de grande qualité avec des candidats de haut niveau. Il était important que Laura Kovesi défende sa candidature devant notre Parlement malgré la terrible campagne politique menée par le gouvernement roumain à son encontre. Je suis bien placée pour connaître les difficultés rencontrées par ceux qui luttent contre la corruption aux plus hauts niveaux et essaient de faire bouger les lignes. Les efforts désespérés du gouvernement roumain pour discréditer Laura Codruta Kovesi montrent combien elle était efficace à son poste. Son bilan parle pour elle, et la choisir comme Procureure européenne en chef assurerait que ce nouveau poste soit occupé par une personne disposant d’une expérience, d’une expertise et d’une résilience remarquables.

Sa désignation montrerait que l’UE prend au sérieux la lutte contre la corruption, les pots-de-vin et la fraude, cette candidate ayant fait toutes ses preuves et étant capable de résister aux ingérences politiques pour faire prévaloir la justice. J’invite les États membres à suivre les recommandations du comité de sélection indépendant qui l’avait également placée en tête et la volonté exprimée par le Parlement européen aujourd’hui plutôt que de céder à un gouvernement qui tente actuellement, dans les faits, de légaliser la corruption. »

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