Migration : l’élargissement du concept de pays tiers sûr bafoue les droits humains

17 décembre 2025

Les députés européens viennent de voter en faveur d’une proposition de révision du règlement sur les procédures d’asile (APR), qui élargirait la portée du « concept de pays tiers sûr ».

L’APR a été adopté dans le cadre du pacte sur la migration et l’asile en juin 2024 et devrait entrer en vigueur d’ici juin 2026. Le groupe Verts/ALE a voté contre la proposition d’aujourd’hui et l’APR, en partie en raison de préoccupations importantes concernant le « concept de pays sûrs », que les propositions actuelles visent à étendre encore davantage.

Déclaration de Mélissa Camara, députée européenne Verts/ALE et membre de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieure :

« En élargissant les règles relatives aux « pays sûrs », le PPE s’associe à des groupes d’extrême droite pour affaiblir le pacte européen sur la migration et l’asile avant même qu’il n’entre en vigueur. Non contents des règles extrêmement dures qu’ils ont annoncées l’année dernière, le PPE et l’extrême droite poussent à l’adoption de règles encore plus draconiennes, avant même que la réforme ne soit mise en œuvre.
Le vote d’aujourd’hui privera encore davantage les personnes de leurs droits et rendra l’accès à la protection dans l’Union européenne plus difficile. La charge de la preuve sera injustement transférée aux demandeurs, qui seront contraints de prouver pourquoi le pays n’est pas sûr dans leur cas particulier, une tâche presque impossible compte tenu des délais serrés et de la difficulté d’accéder à une assistance juridique et linguistique.
Notre groupe s’oppose fermement à la restriction du droit d’asile. L’Union européenne doit défendre le droit international concernant les droits humains. Ces nouvelles règles sont conçues pour contourner les décisions de justice et permettre des accords d’externalisation controversés, comme le modèle rwandais, qui bafouent les principes fondamentaux des droits humains et de la dignité humaine.
Nous sommes fermement aux côtés de tous ceux qui ont besoin de protection, nous défendons le droit de demander l’asile dans l’Union européenne et nous nous opposons à l’externalisation imprudente et à courte vue des responsabilités des États membres vers des pays tiers où le respect des droits humains ne peut être garanti. »

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